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21 août 2010

BENIN

BENIN - COMMUNIQUE: LE PCB CONDAMNE L’AGRESSION ET LA FERMETURE DE KIOSQUES A JOURNAUX PAR LE POUVOIR DE BONI YAYI

PARTI COMMUNISTE DU BENIN

01 BP 2582 Recette Principale Cotonou (RB)

Tél. : 21 35 02 95/97983565

COMMUNIQUE

LE PCB CONDAMNE L’AGRESSION ET LA FERMETURE DE KIOSQUES A JOURNAUX PAR LE POUVOIR DE BONI YAYI

Des journaux de la place ont publié hier jeudi 19 août 2010 un « Mémorandum sur la réhabilitation et l’ameublement du Centre International de Conférences et du Palais des Congrès de Cotonou » produit par l’ex ministre de l’Economie et des Finances de Boni YAYI, Soulé Mana LAWANI limogé en 2009 par ce dernier et envoyé pour être traduit devant la Haute Cour de Justice pour de malversations dans l’affaire CEN-SAD. Ce « mémorandum » apparait comme une défense anticipée de l’ancien ministre. A le lire, il n’apporte rien de nouveau sauf qu’il motive, à l’aide des décisions administratives de Conseils des Ministres que « le cercle des responsabilités ne peut être limité aux seuls acteurs responsables de prétendues surfacturations. Le Chef de l’Etat qui a pris l’ordonnance est responsable de même que le Gouvernement qui a adopté le budget 2008 remanié. Dans ces conditions, le Gouvernement, avec à sa tête le Chef du Gouvernement, peut être traduit devant la Haute Cour de Justice pour avoir sciemment inscrit au budget remanié 2008 des dépenses frauduleuses entachées de surfacturations » Cf le journal ‘L’Evénement Précis’ n° 634 du jeudi 19 août 2010) 

 

Il n’en fallait pas plus pour déclencher la furie du pouvoir en place qui a envoyé ses sbires fermer des kiosques à journaux à Cotonou. Il s’agit là d’une atteinte inadmissible à la liberté de presse, à la liberté d’information. Il s’agit d’un acte de tyran d’une époque révolue. La sanction du peuple à un tel acte liberticide ne peut être que la réprobation générale pour la destitution d’un tel chef d’Etat.

 

Dans des papiers volants, le PCB ne cesse de montrer que le « remède au mal Boni YAYI », c’est le soulèvement populaire qu’il faut préparer et organiser de partout. Dans un Appel aux Responsables d’Organisations démocratiques et patriotiques en date du 04 août 2010, Philippe NOUDJENOUME, premier Secrétaire du Parti a encore appelé tous les patriotes à se lever pour chasser Boni YAYI et sauver la patrie. Les actes de l’actuel gouvernement, complètement aux abois, appellent de la part de tous une riposte de cette ampleur et de telle nature, à la mesure des forfaits commis.

 

Le Parti Communiste du Bénin condamne les actes attentatoires du gouvernement de Boni YAYI.

La pourriture, accumulée depuis des années au sommet de l’Etat empeste l’atmosphère et empêche les travailleurs et le peuple affamés, escroqués de respirer. Chaque révélation entraine une contre révélation indiquant au peuple qu’il lui faut se lever pour mettre fin à l’impunité, à la gabegie, à l’apatridie, au brigandage d’Etat.

 

Se lever pour chasser Boni YAYI et sauver la patrie, comme l’a lancé Philippe NOUDJENOUME, c’est cela la voie.

 

A BAS LE POUVOIR TYRANNIQUE ET CORROMPU DE BONI YAYI !

 

EN AVANT POUR UN POUVOIR AUX TRAVAILLEURS ET AUX PEUPLES !

 

                                                           Cotonou, le 20 août 2010

                                                                      Le PCB

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ADRESSE AU PEUPLE DU BENIN A SE LEVER POUR CHASSER BONI YAYI ET SAUVER LA PATRIE

Aux

- Responsables d’Organisations patriotiques des Travailleurs, des Jeunesses, de Femmes, d’Artisans et de Paysans progressistes ;

- Rois et Dignitaires probes du Bénin ;

- Intellectuels Traditionnels et modernes patriotes ;

- Soldats et Officiers patriotes ;

- Travailleurs et Peuples du Bénin !

Mes chers compatriotes !

Notre pays, le Bénin, traverse une période particulièrement critique et se trouve à nouveau à un tournant décisif de son histoire politique. Dans de telles situations, le Parti Communiste du Bénin a l’habitude de s’adresser aux travailleurs et aux peuples pour leur indiquer la voie la meilleure à suivre pour aller hardiment vers leur auto-émancipation avec la moindre douleur. Voilà pourquoi aujourd’hui je viens m’adresser à vous.

1

Le Bénin, notre patrie, est aujourd’hui en perdition et touche au fond de l’abîme dans un état de déconfiture avancée.

Déconfiture économique. Une économie en état chaotique et où les principaux leviers de commande de l’Etat (SONAPRA, Port, Bénin Télécoms SA, OCBN, SBEE? etc.) sont bradés ou sont en voie d’être bradés aux capitaux étrangers surtout français. Les cimenteries sont à Lafarge, les brasseries à Castel-BGI, le Port à Bolloré, les télécommunications menacées d’être livrées à France-Télécom-Orange sans compter les Banques et Assurances.

Déconfiture financière. Les caisses de l’Etat sont vidées par la gestion déprédatrice, patrimoniale et anti-orthodoxie financière des deniers publics du gouvernement YAYI Boni qui a fini de mettre à sac les finances publiques. Les scandales politico-financiers du gouvernement sont légion. Aujourd’hui, l’on voit à nouveau planer sur le pays le spectre de la crise financière et budgétaire de l’année 1989.

Déconfiture intellectuelle et scolaire. L’instruction publique inadaptée (parce que demeurée calquée sur le modèle français avec à la clé la domination de la langue française) est plombée par les Nouveaux Programmes d’Etudes qui assassinent l’esprit de nos enfants pour plusieurs générations. La recherche scientifique et technique est laissée au bon gré des commanditaires étrangers et naturellement orientée vers la satisfaction de leurs intérêts.

Déconfiture sociale. La misère et la famine tenaillent plus que jamais l’immense majorité des travailleurs et des masses populaires béninoises en général et la «prospérité partagée» de YAYI Boni ne se voit que dans les cercles ethno-religieux proches des dignitaires au pouvoir.

Déconfiture politique. Le Bénin vit depuis l’avènement du régime dit du Changement une crise institutionnelle presque permanente du fait de la volonté effrénée de YAYI Boni de se soumettre toutes les institutions constitutionnelles notamment le parlement. A défaut de réussir son forfait, YAYI Boni préfère ignorer la représentation nationale pour gouverner par voie d’ordonnance. Les autres institutions de la République telles la Cour Constitutionnelle, la Haute Cour de Justice, la HAAC, etc. sont mises sous la coupe du nouvel autocrate. Et le 26 juillet dernier, des députés viennent d’engager la procédure de poursuite du Président de la République devant la Haute Cour de Justice. C’est dire que quelle que puisse être l’issue de cette procédure, la déconfiture politique a atteint le sommet de l’Etat et YAYI Boni n’est plus légitimement qualifié tant à l’intérieur qu’à l’extérieur pour exercer la fonction de Président de la République du Bénin.

Déconfiture morale. On assiste à des crimes de sang, des assassinats d’adultes et d’enfants impunis, des actes d’escroquerie, des scandales impliquant des dignitaires au pouvoir et ceux dits de l’opposition. La tricherie, la magouille, les hold-up les plus rocambolesques, la souillure et la corruption sont distillés, loués comme clé de la réussite et de l’ascension sociales et politiques.

Mes chers compatriotes, l’affaire dite ICC-Services et consorts (après ceux connus de la CEN-SAD, des recettes d’escorte des véhicules d’occasion, de l’avion présidentiel, des machines agricoles, etc.) révèle à quelle déchéance morale peut conduire une équipe gouvernementale apatride, émanation du capital financier international et exclusivement à son service. Un gouvernement qui a consciemment livré sa population qu’il est censé protéger, à l’escroquerie la plus vaste de l’hstoire du pays ! Il y a de quoi s’écrier «Qu’arrive-t-il au Bénin ?». Et comme le disent certains : «Partout, des pans entiers de notre maison commune s’écroulent», nous sommes dans la boue jusqu’au cou, couverts de honte et obligés de baisser les yeux face à l’étranger. La Conférence Nationale de 1990, censée avoir «vaincu la fatalité» et fondation du régime dit du Renouveau démocratique, s’est révélée hélas un marché de dupes confirmant ce que le Parti Communiste du Bénin en avait dit en 1990 et l’on parle de nouveau de «refondation», c’est-à-dire de la nécessité de se trouver une autre fondation constitutionnelle au pays.

2

Comment en est-on arrivé là ? C’est le lieu de s’interroger sur le système qui a produit un régime comme celui qui nous gouverne en ce moment. En fait, le système colonial français en 1960 a opéré un changement de stratégie en concédant une indépendance factice aux anciennes colonies dont le Dahomey devenu Bénin. L’essentiel des pouvoirs de décisions du pays est demeuré, avec la complicité de nationaux vénaux et apatrides, aux mains de l’ancienne puissance coloniale, la France. Les gouverneurs ont cédé la place aux Présidents qui ne sont que des sous-préfets noirs de la France et qui ont pour mission de poursuivre la même politique que sous la colonisation. Les deux principaux leviers de cette domination coloniale sur notre pays sont la domination culturelle et linguistique avec la langue française comme unique langue d’instruction et d’administration au Bénin et la monnaie CFA, sous-multiple du franc français, puis de l’euro. Ainsi, le franc CFA est géré finalement à Francfort en fonction des critères n’ayant aucun rapport avec les préoccupations des économies africaines.

Alors qu’il est établi qu’un peuple ne se développe réellement que dans sa langue maternelle, les expériences mondiales le prouvent (Chine, Corée, Japon, etc.) et que l’UNESCO le recommande, la langue française continue d’être hégémonique dans l’instruction et l’administration dans notre pays ; ce qui, à n’en pas douter, est un obstacle à tout développement. De la sorte, au plan économique, l’économie du Bénin est une relique attardée de l’économie coloniale de traite : une économie tournée vers la satisfaction des besoins étrangers aux peuples béninois, vers la satisfaction des demandes et débouchés des monopoles industriels et financiers étrangers notamment français ; une économie essentiellement d’import-export avec pour mécanisme essentiel l’exportation de nos produits bruts et l’importation des produits manufacturés. Dans la division du travail, le Bénin se voit décerné la fonction de pays de transit et de consommation des produits étrangers.

Tous les gouvernements qui se sont succédé à la tête de notre pays depuis cinquante ans n’ont eu pour mission que de maintenir et de sauvegarder ce système néocolonial. Ils ont toujours eu l’oreille dressée vers les instructions des puissances étrangères et restent sourds aux luttes, aux revendications et intérêts des travailleurs et des peuples du Bénin. Pour remplir cette mission, ces gouvernements au service de l’étranger et, en particulier, les présidents de la République de notre pays sont protégés de leurs crimes contre toute demande populaire de justice et de probité, par l’impunité. Il en est ainsi notamment du despote KEREKOU, le plus grand criminel de l’histoire politique de notre pays. Chaque gouvernement qui vient commet son lot de crimes politiques et économiques, tue, pille les ressources, s’en va et est protégé par son successeur. Tous les anciens membres de ces gouvernements passés, prétendants actuels au pouvoir, Adrien HOUNGBEDI, Abdoulaye Bio TCHANE, Pierre OSHO comme leur comparse au pouvoir Boni YAYI sont commis à cette tâche de perpétuation du système néocolonial français en particulier au Bénin et sont donc, selon vos propres témoignages, disqualifiés et incapables de gérer le pays dans l’intérêt des travailleurs et des peuples de ce pays.

3

Depuis 1960, le peuple du Bénin a mené des luttes multiformes contre cette situation d’arriération et de lots de misère que cela entraîne pour un mieux-être et l’assomption de soi comme peuple souverain. Ces luttes qui sont allées des simples grèves jusqu’aux soulèvements populaires ont à maintes reprises secoué le système néocolonial. Je veux citer quelques jalons forts de ces combats qui font date dans l’histoire récente de notre pays : la « révolution » de 1963 contre le gouvernement de Maga et ayant conduit à son renversement, le mouvement des travailleurs contre le gouvernement du Général Christophe SOGLO et qui a entraîné sa chute en 1967, le mouvement populaire d’avril-juin 1969 contre le gouvernement de ZINSOU et qui a facilité sa chute en décembre 1969, les mouvements de mai-juin 1975, les grands mouvements populaires de 1989 avec le soulèvement du 11 décembre 1989 qui a renversé le pouvoir despotique de Mathieu KEREKOU.

Pascal FANTODJI a eu le mérite historique de faire voir que la question du pouvoir n’est pas seulement l’affaire des riches ou des hommes galonnés, que le pouvoir aux mains de ces couches sociales ne fera jamais la volonté et le bonheur des travailleurs et des pauvres et que, par conséquent, les travailleurs et les pauvres doivent s’intéresser au pouvoir, le prendre et l’exercer pour leur compte. Il a initié pour ce but la fondation du Parti Communiste du Dahomey, devenu Parti Communiste du Bénin en 1977. Il s’est battu dans ce cadre de 1977 à 1990 pour faire prendre conscience au peuple travailleur de cette nécessité. Mais à la Conférence Nationale, coalition formée pour l’essentiel d’apatrides prêts à vendre leur pays, l’idée était qu’il fallait remettre le pouvoir à des banquiers, à des hommes d’église ou à des pasteurs, l’armée ayant échoué avec le régime KEREKOU-PRPB. Le Banquier de la Banque Mondiale, Nicéphore SOGLO, a lamentablement échoué. KEREKOU revint sous le manteau de pasteur et passa dix ans. Le pays n’a connu aucune amélioration. On revient de nouveau à un autre Banquier, YAYI Boni. Ainsi, à chaque fois, les travailleurs et le peuple combattant du Bénin, au lieu de prendre le pouvoir et de l’exercer pour eux-mêmes et dans leurs intérêts, ont toujours remis leur sort à un homme dit providentiel pour les sauver de la malédiction. Ces hommes dits providentiels sont soit des militaires censés disciplinés et intègres, cas du Général SOGLO et du colonel Mathieu KEREKOU, soit des financiers venus des institutions financières et censés faire rentrer, comme sous l’effet d’une baguette magique, l’argent dans le pays, soit des hommes de foi. Toutes ces expériences ont conduit notre patrie à la catastrophe. Ce n’est ni la force des armes, ni la force de l’argent, ni la force de la foi au-dessus des travailleurs et des peuples qui construisent un pays, mais les travailleurs, les jeunesses et les peuples qui, maitrisant et utilisant ces forces matérielles, financières et spirituelles, peuvent se sauver de la misère.

4

Travailleurs et peuple du Bénin, chers compatriotes,

Ce qu’il faut savoir, c’est que chaque peuple assume son destin et ne le laisse point aux mains d’autres. Et on ne développe un pays qu’en s’appuyant sur les ressources matérielles, humaines, culturelles et morales de son peuple que l’on féconde avec la science au dernier cri de chaque moment en vue de la satisfaction des besoins sans cesse croissants des citoyens. On ne développe un pays qu’en prenant en compte les aspirations légitimes d’un peuple à un moment donné. Lorsqu’on vous écoute, lorsqu’on regarde les luttes empiriques que vous menez tous les jours, on voit que vous voulez de notre Bénin qu’il soit un pays émancipé, un pays développé, un pays qui produit et qui vend et non un pays qui seulement consomme les produits étrangers ; un pays où le peuple est maître chez lui parce qu’assis sur ses ressources et valeurs culturelles et linguistiques propres agrégées d’apports extérieurs : vous voulez la sauvegarde de notre patrimoine public contre le bradage aux intérêts étrangers et donc la fin des privatisations et le retour des entreprises privatisées dans le giron de l’Etat ; vous voulez que nos langues maternelles soient des langues de l’instruction et de l’administration du pays et, par conséquent, la suppression des Nouveaux Programmes d’Etudes ; vous voulez que nos guérisseurs traditionnels soient mis à contribution pour une médecine béninoise moderne et que nos dignitaires traditionnels soient reconnus dans leurs fonctions d’administrateurs et de juges locaux. Pour la sauvegarde de nos ressources contre le pillage et la bonne gestion de nos entreprises et administrations publiques, vous voulez des mesures efficaces et contrôlables par vous contre la corruption et les corrupteurs et que, par conséquent, les directeurs soient élus et révocables par les travailleurs. Vous voulez que tous les criminels politiques et économiques soient punis et/ou rendent gorge des vols commis contre le peuple. Le gouvernement de YAYI Boni n’en veut rien entendre et telle une mule fonce tête baissée dans la tyrannie, dans la politique de terre brûlée avec la braderie à l’étranger de toutes nos entreprises publiques, dans les scandales les plus immondes dans la négation des droits des travailleurs et des peuples et des actes de trahison des intérêts supérieurs de notre chère patrie.

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Travailleurs et peuples du Bénin, mes sœurs et frères béninois,

Aucun citoyen ne peut et ne doit légitimement se sentir lié par le devoir d’obéissance à un Chef d’Etat contre lequel les députés de la Représentation nationale ont engagé une procédure de destitution et à l’administration qu’il commande.

Aucun Chef d’Etat étranger, aucun «partenaire technique et financier» ne peut encore négocier sérieusement avec un Président de la République contre lequel une majorité de députés a engagé une procédure de destitution. C’est dire qu’une fois encore la question du pouvoir est posée de façon immédiate dans notre pays. Les expériences des peuples et les nôtres propres indiquent que seuls les travailleurs et les vrais combattants pour l’émancipation de ce pays peuvent et doivent se donner un pouvoir à leur profit. Autrement, ce serait alors une démission devant l’histoire.

Ce qu’il faut aujourd’hui et tout de suite, c’est que les travailleurs et les peuples du Bénin, tous les vrais patriotes, tous les vrais démocrates, tous ceux qui ont combattu et combattent tous les jours pour l’émancipation de ce pays mettent en place un gouvernement qui soit l’expression de leurs aspirations et le fassent triompher envers et contre tous les ennemis de la patrie.

6

Au regard de cette nécessité historique, au nom de mon Parti, j’ai pris la décision de convoquer dans les meilleurs délais une Assise Centrale, les Etats Généraux de la Patrie regroupant en priorité les Responsables d’Organisations populaires combattant pour la dignité et l’essor de notre patrie pour la mise en place de ce Gouvernement de Salut National. Je veux un Gouvernement des Travailleurs et des Peuples, c’est-à-dire un Gouvernement qui exécute les revendications des travailleurs et des peuples et respecte les instructions qu’ils donnent. Je peux, dès maintenant sur la base de l’observation que moi-même, j’ai faite de ces revendications et instructions, que le prochain Gouvernement, dès son avènement, devra par voie d’ordonnances prendre les mesures urgentes et immédiates suivantes :

Garantie des libertés politiques complètes pour les travailleurs et les peuples :

- le jugement et le châtiment des criminels politiques et des auteurs de violation des libertés démocratiques ;

- l’imprescriptibilité des crimes politiques et économiques ;

- la liberté à tous les jeunes notamment ceux des collèges de s’organiser et de s’exprimer et la suppression du Règlement Intérieur Hountondji-Lamouré ;

Pour le pouvoir de décision aux mains des travailleurs :

- l’élection et la révocabilité des directeurs techniques des entreprises et des administrations publiques ;

- la publication régulière des audits des entreprises et administrations publiques ;

- le jugement des pilleurs de l’économie à qui il faut faire rendre gorge ;

Pour la sauvegarde de la souveraineté économique :

- l’arrêt immédiat des privatisations et le retour des entreprises stratégiques privatisées dans le giron de l’Etat avec la reprise des travailleurs mis en chômage dans ce sens ;

- la création d’une Banque d’Etat pour l’aide matérielle aux entrepreneurs nationaux et à la promotion industrielle au Bénin ;

- la proclamation de la terre propriété éminente de l’Etat ;

- le lancement du recueil et de la centralisation des ressources matérielles, du sol et du sous-sol ainsi que du savoir et du savoir-faire collectif des travailleurs et du peuple ;

Pour la réorientation de l’instruction publique et la souveraineté culturelle :

- la suppression des NPE et l’instruction de tous dans les langues maternelles ;

- la création d’une Académie des Lettres, Arts et Sciences ;

- la reconnaissance de toutes les langues parlées au Bénin comme langues officielles ;

- la reconnaissance des intellectuels traditionnels comme administrateurs et juges locaux ;

- la reconnaissance par l’Etat des cliniques des tradithérapeutes ;

- la reconnaissance par l’Etat de l’organisation des Chasseurs pour la sécurité publique ;

- la Convocation d’une Assemblée Constituante formée d’élus des travailleurs et des combattants pour l’élaboration d’une nouvelle Constitution.

Le Gouvernement de Salut National devra, dès la prise en mains des charges du pays, rentrer en pourparlers avec les autres pays de l’UEMOA et de la CEDEAO pour la création d’une monnaie commune réclamée par tous les patriotes et producteurs nationaux africains.

Ce sont là des mesures immédiates, urgentes pour démarrer la fondation d’une autre république, une république démocratique indépendante et moderne. Des hommes du peuple, honnêtes et probes réfléchissent aux pas successifs à poser pour continuer notre ascension dans le rattrapage des pays les plus développés.

D’ores et déjà, j’ai formé quatre Commissions : Commission de l’Economie, des Finances et du Plan ; Commission à l’Instruction publique et à la Culture ; Commission à la Diplomatie et aux Relations Extérieures ; Commission à la Défense et à la Sécurité ; pour les réflexions et la prise en charge des contributions les plus idoines de la gestion du pays. Je puis vous dire que j’ai pu déjà identifier Jean Kokou ZOUNON pour présider la Commission de l’Economie, des Finances et du Plan, Augustin Karl AGOSSOU-VOYEME pour présider la Commission à l’Instruction publique et à la Culture ; Fidèle QUENUM pour présider la Commission à la Diplomatie et aux Relations Extérieures. Ce sont tous des hommes éprouvés dans le combat émancipateur, d’un patriotisme ardent, de grande probité et de grande compétence avérée.

Pour ma part, je sais qu’il y a beaucoup de patriotes, d’hommes généreux et probes qui ont toujours nourri de nobles ambitions pour leur pays et qui sont prêts à contribuer à la grande Aventure de l’Emancipation de la Patrie. Je le sais et je suis prêt à recueillir toutes ces propositions pour leur consécration aux Etats Généraux de la Patrie.

Je lance un appel à tous les patriotes, à tous les démocrates sincères, à toutes les personnalités, quels que soient leurs errements par le passé, à une large union patriotique pour la conquête du pouvoir de la façon la moins douloureuse possible et la mise en place du Gouvernement de Salut National.

Je lance un appel même à ceux qui ont appartenu à des partis politiques ou à des gouvernements qui, pendant cinquante ans, ont conduit le pays à la ruine à abandonner le camp de l’apatridie et à soutenir cette large union, car il n’est jamais trop tard pour bien faire. Le gouvernement de Salut National saura, en temps opportun, faire la part des choses.

Aujourd’hui, Boni YAYI, les ministres et préfets nommés par lui n’ont plus aucune légitimité, ni aucun crédit. Les Directeurs Généraux nommés par lui ne doivent en fait leur autorité qu’à la seule clémence des travailleurs. C’est dire que l’administration Boni YAYI ne mérite plus d’être obéie. Je demande à tous les travailleurs, à tous les citoyens de rejeter désormais tous les ordres et instructions du gouvernement failli et crapuleux de YAYI Boni et de toute son administration : ministres, préfets, DG nommés par lui et de se lever pour restaurer ce pays et laver la honte et l’indignité qui, désormais, collent au front de tout Béninois. A tous, je demande la désobéissance civile.

J’invite particulièrement les Directeurs Généraux des entreprises et administrations publiques à se soumettre aux sommations de contrôle de leur gestion par les travailleurs et leurs comités. Ce serait pour eux la seule manière de prouver qu’ils n’ont point trempé dans la gestion mafieuse de leur unité de production.

Aux soldats et aux officiers patriotes, sachez que vous êtes fils de ce peuple qui aspire à son émancipation, que vous avez le devoir de s’associer à lui et non de défendre un autocrate mafieux en perdition. Par ailleurs, je vous demande de rejeter toute aventure putschiste dans laquelle certains voudraient vous entraîner, car, autrement, vous vous mettriez au travers de la voie de l’émancipation de notre pays et serez combattus comme tels.

Aux Béninois de l’Extérieur, je dis que je comprends votre désolation face au spectacle ignominieux qu’offre le gouvernement de votre pays et de l’image de honte qu’il projette sur vous à l’extérieur. A vous tous, je demande de conjuguer tous vos efforts avec vos compatriotes de l’intérieur pour le soutien au Gouvernement de Salut National afin qu’on finisse avec le gouvernement de la mafia et de l’escroquerie.

Je demande au gouvernement de YAYI de savoir raison garder, de prendre la mesure des choses en se retirant pacifiquement lui-même de la tête de l’Etat. Car, s’il s’obstine et s’agrippe, il aura aggravé sa cause et tout sang versé par son fait lui sera comptabilisé et il en subira les conséquences.

Enfin, je lance un appel aux gouvernements étrangers pour qu’ils comprennent que notre objectif, c’est de sortir le Béninois de son état actuel d’arriération, d’inculture et de misère et qui fait de lui un sous-homme, que l’humanité est en progression rapide vers la réalisation de l’éthique universelle, que le peuple béninois mérite comme tout peuple d’assumer son destin dans le concert des nations.

Travailleurs salariés, artisans, paysans, jeunes, femmes, intellectuels traditionnels et modernes probes, soldats et officiers patriotes du Bénin, sachez que rien de beau et de grand ne se réalise sans luttes, sans sacrifices et sans passion. Allons aux combats avec détermination et héroïsme pour l’émancipation des peuples de la terre de nos aïeux.

Vive le Bénin émancipé !

Cotonou, le 04 août 2010

Philippe NOUDJENOUME

Professeur de Droit Public

Premier Secrétaire du PCB

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Le PCB s'exprime sur l'affaire ICC-services

Le gouvernement de Yayi Boni complice d’une vaste escroquerie

Comme à son habitude, le parti communiste du Bénin (PCB) vient de prendre position sur un sujet d’actualité : l’affaire ICC-Services. Situant les responsabilités, le PCB estime que l’Etat a failli a sa mission première d’éduquer le peuple et de le protéger contre toute entreprise illégale. Toutes les actions engagées depuis peu par le Gouvernement, sont jugées, de poudre jetée aux yeux du public. Lire l’extrait de ladite déclaration.

Extrait de la déclaration du PCB

L’affaire « Investment- Consultancy and Computering Services » communément connue sous le nom d’ICC-Services et plus généralement l’affaire dite des structures de placement d’argent depuis quelque temps n’a cessé de défrayer la chronique dans notre pays.  Et en ce début de mois de juillet, elle est venue au devant de l’actualité politique. Interpellations de principaux responsables d’ICC-Services dont le PDG, Guy AKPLOGAN, le DG, Ludovic DOHOU et six Chefs d’agence ; conseil extraordinaire des ministres le 1er Juillet consacré au dossier ICC-Services et passage à la télévision nationale du ministre des Finances le dimanche 04 juillet dernier.

L’affaire est d’importance en effet, car selon les premiers éléments d’informations dont nous disposons, il y va de la vie de dizaines de milliers de nos concitoyens qui sont concernés dans cette affaire de placement d’argent. Selon le journal DJAKPATA du 30 juin 2010 : « S’il y a aujourd’hui un autre malheur qui frappe le peuple béninois après les sévices de la crise financière et alimentaire…c’est bien la crise financière d’ICC Services, une structure de placement d’argent qui, selon les estimations, plonge en ce moment plus de 150.000 Béninois dans le dénuement et la précarité de l’existence ». Et toutes les couches sociales sont concernées et en particulier les pauvres, groupements de femmes bénéficiaires de microcrédits aux plus pauvres, enseignants, petits commerçants, responsables d’associations de tous genres, tontiniers, gagne-petits de tous genres etc. Ils y ont mis leurs maigres et dernières fortunes, certains ont contracté des emprunts auprès des banques et institutions financières de la place, d’autres encore qui ont à leurs dispositions des caisses d’associations et même des fonds publics, attirés par les rémunérations mirobolantes ont pris le risque de prendre sur ces fonds pour les déposer en placement d’argent pour les intérêts qu’on sait 150% à 200% l’an. Tous ces gens et leurs familles désormais ruinés, voient avec désespoir la perte de leur argent et vivent une grande désolation. Des chiffres astronomiques sont avancés : on parle de quarante milliards de FCFA et même d’une centaine de milliards que ICC-Services et autres structures de placement d’argent ont collecté à nos pauvres populations et ce, pendant quatre ans !
Le système pratiqué par ICC Services et autres comme NTIC Services, EICC International, MICC International, connu sous le nom « d’épargne pyramidale » consiste à payer les intérêts des anciens épargnants avec l’argent des nouveaux arrivants. Ainsi pratiqué, il existe un fossé qui ne cesse de creuser entre l’argent encaissé et celui dû à l’ensemble des épargnants. Le système va durer jusqu’au moment où certains événements contribueront à sa fin. C’est le système Ponzi, repris par Bernard MADOFF aux Etats-Unis. On en a connu aussi récemment en Côte-d’Ivoire. Il s’agit là d’une « vaste escroquerie » comme le déclare le Ministre de l’Economie et des Finances. C’est la plus gigantesque arnaque privée dont le peuple béninois a été victime depuis les 50 ans d’indépendance nominale de notre pays ! Mais la question qui est posée est de savoir qui en est responsable ? Certains, tout en déplorant la chose stigmatise « le goût de gain facile » du Béninois, «la dégradation des valeurs éthiques au Bénin » et appelle à « un réarmement moral». Certes, il faut déplorer la naïveté et l’appât du gain facile qui ont conduit bon nombre de nos concitoyens à ce désastre. Mais où sont l’Etat et plus particulièrement le gouvernement dont les premières missions sont de protéger et d’éduquer la population, notamment contre des entreprises illégales?
Face au mécontentement général et à l’explosion qu’une telle situation risque de provoquer que dit le Gouvernement de YAYI Boni? Selon le Conseil des ministres sur le dossier ICC Services,

1° : « Il est noté que depuis quelque temps, des structures de collecte de l’épargne et de placement d’argent se sont installées dans notre pays sans avoir reçu l’autorisation du ministre de l’économie et des finances ».

2° : Ces structures pratiquent des« taux d’intérêts  mirobolants avoisinant ou dépassant  50% le trimestre, soit 200% l’an ».

3° : Suite aux premières alarmes des banques en août 2009, le Ministre de l’Economie et des Finances a mené un certain nombre d’actions dont  entre autre une « plainte déposée contre les dirigeants de ces structures auprès des services judiciaires ».

4° :« Malgré toutes ces mesures, ces structures ont continué d’opérer ».

5° : C’est « Face au silence et à l’inaction de la justice qui est le dernier rempart pour mettre un terme à ces activités menées illégalement, notamment celles d’ICC Services  que le gouvernement a pris les mesures ci-après».

Le Ministre des finances est allé dans le détail à la télévision en faisant deux affirmations : la première : « Au début, nous avons cherché à avoir des informations mais ils (les responsables des structures de placement) nous avaient opposé un refus catégorique ».

La deuxième : « Nous avons saisi en son temps la justice qui n’a pas fait son travail ».
Il suffit de prendre ces deux derniers arguments pour voir la fausseté de la position du gouvernement. Comment des responsables de structures de collecte de l’épargne et de placement de fonds qui n’ont pas reçu une autorisation du ministre des finances peuvent-ils opposer un refus catégorique à une enquête de ce ministre ? Et face à ce « refus catégorique » quelle a été la réaction du ministre des finances ? Et à propos de la justice qui serait saisi par le gouvernement et qui n’aurait pas fait son travail, cet  argument démontre encore une fois comment le gouvernement YAYI Boni use du faux. L’on sait que le Parquet (Procureurs Généraux et procureurs de la république) dépend directement du Garde des sceaux, Ministre de la Justice et est à ses ordres. Et à ce titre aucune justice ne peut se désintéresser d’une affaire  et « garder le silence » si le Ministre de la Justice et donc le gouvernement y tiennent. Et puis que la justice qui est « le dernier rempart pour mettre un terme à ces activités menées illégalement » est si passive, si « inactive », pourquoi y-a-t-on encore recours pour sanctionner les arnaqueurs ?

Comment comprendre que des structures de collecte de l’épargne non agréées, aient pu exercer  pendant 4 ans dans le pays, collecter des milliards et pratiquer des taux d’intérêts exorbitants en violation de la législation bancaire et ce, au vu et au su de tout le monde, sans la complicité du gouvernement ?  Cette complicité au vu de tout ce qui s’est passé ne fait l’ombre d’aucun doute. En effet Boni YAYI leur a servi de caution morale dans le cadre de leur activité. En effet le Chef de l’Etat, Boni YAYI, alors que les activités de ces structures étaient manifestement illégales et potentiellement dangereuses pour la population, non seulement n’a rien fait  pour y mettre fin, bien au contraire, a  reçu les dirigeants à plusieurs reprises. Selon les sources concordantes, ces dirigeants eux-mêmes ne manquent aucune occasion pour souligner leurs activités de bienfaisance au Chef de l’Etat et notamment le financement des activités de la Première Dame.

« Ainsi au vu et au su de l’Exécutif, les structures de placement d’argent et d’épargne de fonds ont fait leur apparition dans l’illégalité la plus flagrante favorisée par une complicité sans pareil entre les promoteurs  et les dirigeants du pays. Des apparitions publiques montrant les responsables d’ICC Services dans un rôle de Père Noël offrant des cadeaux et leur assistance aux populations sous le couvert d’un parrainage gouvernemental sont légion » écrit  le journal « Le Matinal » du 05 juillet 2010. Le gouvernement de YAYI Boni n’est-il pas co-auteur de cette vaste escroquerie dont le peuple est victime ?


Cotonou le 06 Juillet 2010.
Le Parti Communiste du Bénin

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23 juillet 2010

À TOI TAVIO AMORIN

Tant de temps et d´énergie perdus
Aux heures de ta bravoure trahie
Voici déjà près de deux décennies
Inondées hélas par du sang froid.
On s´en souvient encore comme hier

A nos folles et rudes amours violées
Murmure ton silence envahisseur.
Ô, belle âme qui très loin s´envole
Réinjectant le souffle dans nos veines.
Il n’y aura jamais, plus jamais de répit
Non, pour les méchants tueurs de lucioles.

Allemagne, le 21 Juillet 2010.

Ali Akondo
h

NOS MARC* ET LEURS MARQUES

Sur l´esplanade où se sont élevées vos voix
Partout, dans les airs et sur tous les toits
Vos cris jusqu´à nous retentissent encore
Fort dans nos cœurs blessés comme un cor

Vos marques demeurent ici intactes et belles
Comme un superbe tableau riche en décibels

Vous les avez vaincus, les geôles et Soudou
Vous, nos fils les plus fous et les plus doux
Vous avez sacrifié ce qu´il y a de plus cher
Votre foi, votre intelligence et votre chair

Pour le Togo et votre peuple, vous rêviez
De fierté et d´espoir, vous vous nourrissiez
Ignorant la méchanceté de vos proches amis
Qui, lune et miel, vous avaient tout promis.

Si vous deviez aujourd´hui revenir sur terre
Reprendre le combat avec vos anciens pairs
Avec quel œil pourront-ils vous regarder ?
Quelle image de vous pourront-ils garder ?

Les voilà qui se pavanent de Paris à Accra
Parcourant les villes de Saint Egidio à Ouaga
Ou bravant la honte dans les rues de Lomé à Pya
En votre nom, ils méritent notre cinglant pouah.

Ô, pauvres victimes innocentes que vous êtes, Marc
Nous célébrerons à jamais vos ineffaçables marques !

Allemagne, le 21 Juillet 2010.

Ali Akondoh


Nos Marc* : Marc Atidépé
Marc Palanga

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17 juillet 2010

SARKO ET LES CO DÉPENDANTS

Dans nos lointaines rues cabossées et sauvages
Qui de tant de vies innocentes ravagent
Les rapaces du continent raffolent de sang
En tout lieu, sans peine et en tous sens
Emportant nos braves bonnes gens
Et nos hommes libres et intelligents.
En quoi sommes-nous donc indépendants
Si personne n'a de souci pour nos libertés
Ni de respect pour nos terres et notre dignité?

L'Afrique! La voici encore humiliée!
Exhibée en objet de vente aux enchères
Sous l'Arc de néo tutorat et du pervers.
Ils veulent l'achever après l'avoir pillée!
Les voilà, ces faux indigents chez Sarko
Pour étaler des clowneries de vrais négros

Pour l'Afrique des manitous et des sarcophages
Le 14 Juillet gaulois est un prometteur présage
Eux qui n'ont point de vision pour leurs peuples
Qu'il est bien triste, le cinquantenaire des couillons
Célébré avec faste parmi de curieux troufions.

Les pays d'Afrique n'ont plus d'hymnes
Que ceux ravalés par de singuliers rythmes
Le rythme lugubre imposé par les gourous,
Ces cyniques corbeaux en quête de rites fous.
Les Co dépendants ont un point commun:
Leurs intérêts protégés par Nico, le sale tribun.
Ainsi va l'Afrique sous le joug du néo colonisateur
Déambulant sous les yeux d'hébétés observateurs!
Ils sont l'une des pires hontes du 21ème siècle.

L'Afrique restera debout. L'Afrique des Samory!
Elle redécouvrira ses jours de gloire sans les Sarkozy.

Allemagne, le 14 juillet 2010
Ali Akondoh

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13 juillet 2010

EN MEMOIRE DE PUIS NJAWE

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Cameroun, Pius Njawé for ever :

Le témoignage de la Fondation Moumié

Avec la mort de PIUS NJAWE, l’Afrique et le Cameroun perdent un journaliste déterminé, un combattant non violent, un politicien vertueux, un justicier et un défenseur du peuple : le témoignage de la Fondation Moumié. Il est des nouvelles qui, en tombant comme un couperet, vous assomment tellement elles sont tragiques et affligeantes. Celle du décès de Pius Njawé aux Etats-Unis est de cet acabit. Elle est des ces épisodes qui semblent arrêter le temps pendant un moment, étant donné qu’on croit d’abord à un canular. Non parce que l’on croit Pius Njawé Immortel, mais parce qu’il faisait désormais partie, comme on le dit généralement, du décor national et international. Il était entré dans le cercle très fermé de ces hommes qui ont quelque chose en plus. Ces hommes qui marquent un moment de l’’histoire et que, par un conditionnement inconscient, on pense devoir toujours être là.

Mais hélas, exit Pius Njawé en cette année 2010 marquant le cinquantenaire des indépendances africaines. Cette perte de Pius Njawé est un coup dur, non seulement pour un Continent Noir où les hommes d’exception deviennent de plus en plus des exceptions rarissimes, mais aussi, pour un Cameroun où les abus de pouvoir et les dérives dictatoriales, sont depuis longtemps la règle. Passer de vie à trépas au moment où l’Afrique fête le cinquantenaire de ses indépendances est donc un symbole et un signe du destin. Celui des grands esprits qui, on ne sait par quel concours de circonstances, viennent sur terre, l’illuminent, et en partent à un moment historique. Pius Njawé n’a pas eu la chance, à l’instar de Nelson Mandela, de Mohammed Ali ou de Pelé, de vivre sa propre légende. Mais, contrairement à Joseph Staline et à certains chefs d’Etats africains pour qui c’est l’homme le problème, il a mis sa vie au service de celui-ci et de sa liberté. En effet, Pius Njawé fut à la fois un journaliste déterminé, un combattant non violent, un politicien vertueux, un justicier et un défenseur du peuple.

Pius Njawé, le journaliste déterminé

Le fondateur du journal Le Messager restera d’abord dans les mémoires des Africains comme un journaliste professionnel et d’investigation. Dans une Afrique Noire où « la Politique du Ventre » sévit, guide et corrompt plusieurs de ses confrères, Pius Njawé est resté intraitable et d’une intégrité légendaire par rapport à la déontologie de son métier. Il n’a pas accepté de réfléchir avec son ventre comme nombre de ses pairs que les pouvoirs africains avaient mis au pas. Il a choisi de faire de son métier, un des maillons essentiels dans la construction des Etats africains démocratiques. Les populations africaines ne s’y sont pas trompées car elles le lui ont bien rendu en s’arrachant chaque tirage du Messager. Pius Njawé fut ainsi la preuve vivante d’une réussite professionnelle honnête, courageuse et utile. Honnête parce qu’il bâtit le Messager par son travail.  Courageuse parce que trainé de procès en procès et embastillé à maintes reprises par le Renouveau National, Njawé ne se lassa jamais d’exercer son droit de donner une information vraie et non aseptisée aux populations camerounaises et africaines. Et utile, parce qu’il fit de l’Agir Communicationnel une arme d’éducation, tant des peuples camerounais et africains, que des pouvoirs en place. Le cran légendaire dont a fait preuve le regretté Pius Njawé en nageant à contre-courant d’un « griotisme » journalistique qui nourrit son homme, fut de lui un journaliste flamboyant, rigoureux, irréprochable, et ayant une longueur d’avance sur l’exercice de la démocratie d’opinion en Afrique. Il a pris sa liberté et l’a exercée par le biais du devoir d’insolence qu’ont des citoyens face à des pouvoirs fourvoyés.Pius_Njawe130710300

Pius Njawé, le combattant non violent

La mort de Pius Njawé est aussi celle d’un combattant infatigable et non violent pour la liberté. En conséquence, tirer sa révérence alors que l’Afrique fête les 50 ans de la conquête de son droit de disposer d’elle-même, est tout un symbole gratifiant pour lui. Toujours présent, facile d’accès, inspiré et aimable dans toutes les conférences où il était convié pour témoigner de la dynamique d’un Cameroun qu’il connaissait mieux que personne, Pius Njawé était un amoureux du verbe et du Cameroun. Ce sont ces deux amours de sa vie qui expliquent le combattant non violent qu’il s’est toujours proclamé être et qu’il incarna en choisissant la force des mots en lieu et place de celle des armes. Oui, Pius Njawé était opposé à la lutte armée : les populations camerounaises et africaines les plus pauvres sont celles qui paient très souvent au prix fort cette stratégie de combat, disait-il. Pousser les Africains et Camerounais à se sentir responsables de leurs pays et à s’engager pour exercer leur citoyenneté, fut donc le leitmotiv du combat de Pius Njawé : s’engager dans la vie de la cité et savoir que l’on compte où que l’on soit et quoi que l’on fasse, résument bien Njawé le Combattant non violent. La preuve, le message qu’il a adressé à la diaspora camerounaise quelques jours avant sa mort, est un véritable cri du cœur faisant appel à l’engagement des jeunes pour améliorer le Cameroun de demain. Après avoir été emprisonné près d’une quarantaine de fois par le Renouveau National, Pius Njawé n’a jamais abandonné ce qu’il pensait être juste. Il est mort alors qu’il participait, avec d’autres Camerounais, à une rencontre portant sur l’avenir du Cameroun. Comme quoi, il est mort les armes à la main : Il a tant aimé le Cameroun qu’il a trouvé la mort en allant parler du Cameroun au monde entier. Les écueils de sa vie et le point final de celles-ci se présentent à nous comme les articulations d’une grande histoire passionnelle entre un pays et un de ses fils.

Pius Njawé, le politicien vertueux

Du combattant au politicien, il n’y a qu’un pas. Pius Njawé n’était pas membre d’un parti politique et ne s’était jamais déclaré candidat à une quelconque élection. Il fit pourtant, comme nous tous, de la politique étant donné que tout acte que l’on pose et même l’apolitisme sont politiques. Qui plus est, l’Agir Communicationnel qu’a choisi Pius Njawé comme arme de combat, est en effet un instrument politique. C’est parce que mobiliser, produire et diffuser de l’information revient à détenir du pouvoir, que les dictatures et mêmes certaines démocraties, essaient parfois de bâillonner les journalistes. Ce n’est pas aux Camerounais qui ont fraîchement en tête la mort de Bibi Ngota et l’incarcération de plusieurs autres journalistes comme Jean Bosco Talla, qu’il faut l’expliquer : Détenir l’information, c’est détenir un pouvoir. Pius Njawé était donc éminemment politique car il était l’incarnation d’un quatrième pouvoir camerounais au service des populations et de leurs droits à l’information juste et impartiale. Il remit à l’ordre du jour le règne d’un volontariat citoyen épris du rôle qu’a un pouvoir de la conception de l’individu et de son autonomie réelle. Pius Njawé fut ainsi un politicien vertueux qui, sans s’inscrire dans la sphère politique classique du mensonge-roi et du machiavélisme sanctuarisé, l’influençait largement grâce à son activité permanente de contre-démocratie (surveiller, évaluer, noter, dénoncer) destinée à maintenir le flambeau de l’espoir dans un pays et un continent de doutes multiples. Il vécut et réussit le tour de magie de vivre démocratiquement dans un environnement non démocratique.

Pius Njawé, un justicier et un défenseur du peuple

Parler de Pius Njawé comme d’un justicier et d’un défenseur du peuple résume la quintessence de son œuvre sur terre. Tout le mystère et sûrement le caractère éternel de son œuvre, résident dans ce destin christique qui revient à souffrir pour que les autres aient droit à la justice. Accepter d’être traîné de procès en procès et de cellules en cellules pendant des décennies, a quelque chose d’une œuvre christique, non sur le plan de la sainteté, mais sur celui de la trajectoire de souffrances subies et acceptées par un homme pour que le monde aille mieux. La dernière lettre de Pius Njawé à la diaspora camerounaise en constitue un véritable prototype. Njawé y dénonce les dérives dictatoriales du pouvoir camerounais, les exactions du commandement opérationnel de Douala, l’impunité de ceux qui ont tué les disparus de Bépenda, la terreur que subissent les familles qui cherchent leurs enfants et l’interdiction de la ville à certains membres de l’opposition camerounaise. Il perpétue ici ce que Jean-Marc Ela, autre grand esprit disparu, appela, le cri de l’homme africain face à l’irruption des pauvres, du règne de l’argent et de l’ingérence des pouvoirs politiques cannibales.Pius_Njawe311209500

Pius Njawé a passé toute sa vie en misant sur la jeunesse, une façon de réconcilier le doute et l’espoir du Continent Noir. C’est un message très important face à la dérive du soi souverain à laquelle on assiste dans une Afrique où, alors que l’écho des festivités du cinquantenaire ne s’est pas encore estompé, les héros de son indépendance seront assassinés une nième fois lors du 14 juillet prochain, fête nationale de plusieurs de leurs bourreaux que célébreront les armées africaines.

Paix à l’âme de Pius Njawé, il a beaucoup donné. Aux autres de continuer à faire entendre la voix des sans voix.

Par le biais de ce témoignage, la Fondation Moumié adresse ses condoléances au Cameroun, aux Camerounais, aux journalistes et à la famille de Monsieur Pius Njawé.

© Correspondance : Thierry AMOUGOU, Président de la Fondation Moumié

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02 juillet 2010

Le 4ème gouvernement de Boni Yayi à la loupe du PCB

Quelques jours après la formation du dernier gouvernement du président Boni Yayi, le parti communiste du Bénin (Pcb) en a livré son appréciation. De la capacité des nouveaux ministres à relever les défis de développement aux deals que cachent certains maintiens et positionnements au sein de l’équipe gouvernementale, la loupe du PCB fait de curieuses révélations.

DECLARATION DU PCB: ALLIANCE ENTRE DEUX TYRANS POUR LA PERENNITE DE LA DOMINATION IMPERIALISTE

Le Chef de l’Etat Boni Yayi a rendu public le vendredi 18 juin son nouveau gouvernement que les commentaires se plaisent à qualifier de gouvernement de combat pour les élections présidentielles de 2011. Mais, combat pour le triomphe de quelles idées et pour quel sort du pays avec les élections de 2011? Les journalistes à la  solde de l’un ou l’autre clan de hauts-bourgeois se gardent bien de poser de telles questions dérangeantes pour leurs mentors. Or, s’il est vrai que sa réélection en 2011 a toujours été le souci de Boni Yayi dès sa prise de fonction en 2006 et que ce souci, devenu une hantise, a imprégné toutes ses actions depuis ce temps, l’appréciation du nouveau gouvernement doit se baser principalement sur la capacité ou non de la nouvelle équipe à résoudre les problèmes qui se posent aux travailleurs, à la jeunesse et au pays et ceci, à la veille du cinquantenaire de notre indépendance formelle. C’est là le critère premier, essentiel pour tout analyste attaché aux intérêts du peuple. Et c’est en fonction de ce critère que l’on peut juger ce « gouvernement » et son « combat » pour les élections de 2011. Or, il suffit de se poser cette question à savoir l’équipe de Boni Yayi remaniée peut-elle offrir une solution aux problèmes du pays au profit des travailleurs, de la jeunesse et du peuple pour répondre aussitôt et sans hésiter NON et NON.

Boni Yayi, pour ce remaniement, a maintenu à leurs postes pour poursuivre la même politique de négation de notre souveraineté, de fraudes financières, de corruption, les principaux fidèles à lui et aux institutions financières étrangères. Les Irénée Koupaki, Désiré Adadja qui ne font rien d’autre au gouvernement depuis 2006 que de liquider et de brader le patrimoine national au profit du capital financier étranger (Affaire GSM, Port, OCBN, Bénin télécoms…), les Nicaise Fagnon, Noudégbèssi, Rékya Madougou, pions des circuits de corruption sont maintenus. Le nouveau gouvernement indique donc que Boni YAYI demeure égal à lui-même, une catastrophe pour notre pays.

En nommant dans son nouveau gouvernement de nouvelles têtes, organisateurs connus de la fraude électorale dans leur région respective, Boni Yayi renforce ses capacités de fraude pour se proclamer victorieux, avec ou sans la LEPI aux élections de 2011. C’est là que se situe ce qui fait la caractéristique de ce remaniement, le ralliement des fils de Kérékou ; d’abord Moïse avec la création d’un parti et maintenant Modeste au gouvernement. Une page s’ouvre pour un deal (par exemple sur la rétrocession des fruits du trafic des véhicules d’occasion aux mains de l’ex Défi Emploi Jeunes de sinistre renom) entre Boni Yayi et les fils Kérékou. En fait, le ralliement des fils ne fait que traduire ou trahir le soutien (en fait jamais mis à mal) de Kérékou père à celui qu’il avait positionné avec les impérialistes français pour lui succéder en 2006. Mathieu Kérékou estime que le moment est venu de faire connaître son choix, Boni Yayi, au profit duquel il avait mis ses réseaux de tortionnaires, de mafieux et de fraudeurs en 2006 et pour qui il plaide le soutien des impérialistes français lors de ses récents déplacements à Paris. Le nouveau tyran Boni Yayi et le vieux sanguinaire et criminel politique Mathieu Kérékou affichent ouvertement leurs alliances pour le maintien de la domination et de l’oppression impérialistes, française notamment sur notre pays à travers leur victoire frauduleuse en 2011.
Ainsi, se précise le danger de se cramponner à la mascarade électorale qui se prépare pour espérer chasser Boni Yayi du pouvoir. Le groupe de l’Union fait la Nation et celui dit de Abdoulaye Bio Tchané, qui se retrouvent bien dans la politique de braderie du patrimoine national, de mépris de nos langues et cultures, d’attaque des acquis des travailleurs, ces groupes de hauts-bourgeois qui appellent à attendre 2011 pour faire partir Boni YAYI, se révèlent encore mieux comme opposés à la souveraineté et aux progrès réels du peuple béninois. Ce progrès ne peut aujourd’hui s’opérer sans le soulèvement général du peuple, sans une révolution qui instaure :

1.- le respect du patrimoine national : non privatisation des entreprises stratégiques, Bénin Télécom, PAC, SBEE et retour dans le patrimoine public de celles déjà privatisées.

2.- une lutte véritable contre la corruption par l’élection et la révocabilité des DG des entreprises et administrations  publiques, la publication des audits, le contrôle populaire de la gestion du bien public, le jugement des pilleurs à qui il faut faire rendre gorge.

3.- l’instruction de chacun et de tous dans nos langues maternelles et la suppression immédiate des Nouveaux Programmes d’Enseignement.

4.- la reconnaissance des rois et notables en tant que juges locaux, des chasseurs en tant que force de sécurité publique, des  cliniques des tradithérapeutes en tant que centres de santé officielle.

5.- la garantie véritable des libertés avec le jugement des tortionnaires et des auteurs de violation des libertés.

Seul un gouvernement s’appuyant sur un tel programme émancipateur peut lancer le développement du pays. Un soulèvement des travailleurs et des jeunes suscitera un tel gouvernement, le Gouvernement Révolutionnaire Provisoire que le Parti Communiste du Bénin appelle à instaurer et qu’il est prêt à assumer.

A BAS LE GOUVERNEMENT APATRIDE DE BONI YAYI !

NON A LA MASCARADE ELECTORALE !
VIVE LE SOULEVEMENT POPULAIRE !


Cotonou, le 21 juin 2010
Le Parti Communiste du Bénin

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28 juin 2010

CULTURE

Rites et valeurs traditionnelles: quand les funérailles se transforment en fêtes

Source : Autres presses : Dernière Mise à jour : 05/05/2010 (Auteur : )

Dans nombre de traditions africaines les obsèques sont des occasions où les personnes décédées sont célébrées selon l’estime ou encore l’importance qu’elles inspiraient. Ainsi pour leur rendre un dernier hommage, leurs familles, amis et connaissances se soumettaient à plusieurs obligations, transformant du coup les obsèques en de véritables festivités populaires.

Pour vous, nous avons mené une investigation pour mieux comprendre les motivations de ces rituelles ruineuses. « Oui à mes pères et non à mes frères.

La civilisation universelle est une chimère », tels sont les propos qu’interprétait Pacéré Titinga dans son œuvre poétique : ‘’quand s’envolent les grues couronnées’’, qui l’opposaient ainsi à Tchicya U’tamsi et Charles Nokan qui, eux refusaient de se référer aux traditions africaines. Contrairement à ses deux compères, Pacéré Titinga rendaient ainsi hommage aux valeurs ancestrales, y compris les funérailles qui caractérisent celles-ci. Malheureusement, ces pratiques surannées tendent à fragiliser l’équilibre financier de certaines familles qui, après l’organisation des obsèques d’un être cher.

En effet, à la faveur de funérailles dans la plus part des régions de l’ouest ivoirien, ce sont de véritables qui donnent lieu à des ripailles et à des bombances de toute sorte. Sous le fallacieux prétexte de venir assister la famille éplorée, des personnes commencent alors à converger vers le lieu des funérailles même si les dates officielles de celles-ci ne sont pas encore connues. Débutent alors le calvaire des enfants ou proches de la personne décédée qui, en attendant l’organisation pratique des obsèques, sont obligés de nourrir au quotidien tous les hôtes venus pleurer avec eux, l’illustre disparu. « Il arrive même des fois où, en plus de la nourriture qui leur est servie régulièrement, chose pratiquement rare dans les villages d’où ils viennent nos hôtes nous réclament l’accompagnement, qui peut être soit la bière, soit le vin. Nous sommes contraints à satisfaire tous leurs menus caprices au risque de déshonorer la mémoire de notre père qui faisait partie de la notabilité du village », a déploré S. K. Augustin fils d’un notable de Dema, dans la commune de Vavoua que nous avons rencontré lors de la veillée funèbre de son père à la célèbre place Cp1 du bloc célibataire à Yopougon Sicogi.

En dehors des obligations de nourriture auxquelles les organisateurs de funérailles sont soumis, il leur est souvent demandé de payer le transport retour des hôtes qui sont venus les aider dans ces moments de grande tristesse. De la veillée au transfert du corps, la grande liesse Lorsqu’elles ont lieu dans une grande ville comme Abidjan ou Gagnoa, et même dans un village, les veillées funèbres finissent par se transformer en véritable liesse populaire. C’est aussi des occasions de grandes retrouvailles pour certains amis de longue date qui s’étaient perdus de vue il y a bien longtemps amis. Ces moments sont aussi des occasions de rencontre pour quelques amoureux en mal d’âme sœur.

« C’est pendant la veillée funèbre d’un patriarche dans un village voisin que j’ai rencontré celle qui est aujourd’hui devenue mon épouse », a avoué B. Mathias avec un sentiment de fierté. La plupart des veillées qu’il nous a été données de visiter, se caractérisaient par une ambiance des jours de grandes festivités, avec à la clef la présence d’artistes de renom pour égayer les nombreuses convives chez les plus fortunés. Cette atmosphère festive a fait rebaptiser les veillées funèbres dans la ville de Gagnoa qui arborent désormais la dénomination de ‘’Tonnerre’’, émission populaire du réalisateur John Chain Sombo qui s’est aussi illustrée par son caractère totalement festif où les artistes se succèdent devant le public des différentes régions où elle se tient.

A ces veillées de rencontre les retrouvailles se font le plus souvent autour d’une table de bière où Bacchus est plus célébré que le défunt pour lequel tous s’étaient pourtant réunis. Le lendemain de ces grandes beuveries accompagnées de pas danse, c’était le départ vers le village du défunt pour l’ultime adieu. Plusieurs véhicules étaient alors mis en location pour tous ceux qui voulaient effectuer le déplacement du village. Composés majoritairement de femmes, les passagers qui prenaient place à bord des cars ressemblaient à des passagers ordinaires qu’à des personnes qui allaient accompagner un défunt à sa dernière demeure. Tous étaient parés de leurs plus beaux habits ou d’ensemble de deuil en souvenir du disparu. « L’on nous reproche souvent de trop aller aux funérailles. Il y en a même qui nous accuse d’aller rencontrer nos ‘’doubéhis’’ dans les villages pendant le déroulement des obsèques de nos parents. Ce qui est pratiquement faux, dans la mesure où ne pas se rendre aux obsèques d’un parent est mal vu dans nos villages. Toute chose qui peut être interprétée comme une défiance à nos coutumes », s’est justifiée L. Justine et de déplorer : « j’ai une sœur qui a été répudiée parce que son mari lui reprochait de trop se rendre au village pour participer aux funérailles ». Des factures trop lourdes Si les funérailles en pays Bété, Gouro, Soukouya ou Wè obéissent au respect de certaines valeurs ou rites traditionnels, il est à déplorer que leurs coûts élevés sont souvent la cause du retard des populations du centre-ouest qui engloutissent des fortunes, rien que pour des funérailles. Il est constaté que les lendemains de funérailles sont très difficiles pour tous ceux qui avaient perdu leur parent. Ils en sortaient avec de lourdes dettes ou encore c’étaient de pauvres dames qui perdaient leur mari. Chose d’autant malheureuse qu’elle fait aujourd’hui envier les populations du nord quant à leur soft manière d’organiser les funérailles qui n’a rien à voir avec les excès du centre-ouest.

Idrissa Konaté

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27 juin 2010

PENSEE DU JOUR

" Ton œuvre ne se limitera pas à travailler.
Elle peut aussi consister à renforcer ton corps ou à aider un ami.

Son objet est sans importance.
Ce qui compte, c’est la qualité de ton engagement. Et seulement après, lorsque tu auras fini te rendre en forêt, t’étendre et te reposer. Tu t’endormiras sûrement !" Sagesse du guerrier.

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26 juin 2010

Appel à la manifestation du 13 Juillet 2010 18H Place de la République ( angle bd Magenta) 50 ans de Françafrique, ça suffit !

Arrêtons le soutien aux dictateurs ! Soutenons les peuples africains !

Le 14 juillet à Paris, des unités militaires de 14 pays africains défileront sur les Champs - Elysées, au côté des troupes françaises. Convoqués par Nicolas Sarkozy, les chefs d'État, amis de toujours de la France et des réseaux de la Françafrique : les Gnassingbé (Togo), Bongo (Gabon), Compaoré (Burkina Faso), Déby (Tchad), Sassou Nguesso (Congo Brazzaville), Biya (Cameroun) seront présents dans la tribune présidentielle. Ceux-là, ainsi que d'autres dictateurs et putschistes, responsables pour certains du massacre d’une partie de leur population et du maintien de celle-ci dans la pauvreté, viendront s'assurer du soutien politique, économique et militaire et de leur enrichissement personnel auprès de leur ancienne puissance coloniale. La France qui, durant la colonisation, avait abondamment pillé les ressources et utilisé les peuples comme réservoir de main d’œuvre, poursuit depuis 50 ans sa politique par tous les moyens, au détriment du développement des pays concernés, ce qui amène de nombreux africains à migrer pour nourrir leurs familles. Dans la plupart des pays concernés, les gouvernements de la France ont éliminé ou se sont rendu complice des assassinats des leaders qui ont combattu pour l’indépendance de leur pays comme Patrice Lumumba, Medhi Ben Barka, Félix Moumié, Ruben Um Nyobé, Ernest Ouandié, Thomas Sankara, Sylvanus Olympio, Farhat Hached …, Les autorités françaises ont mis en place des dictateurs, intégrés dans les réseaux de la Françafrique où ils côtoient l’Etat major de l’Armée, l’Elysée et des grandes entreprises comme Total, Bouygues, Bolloré, ou Areva. De l’Afrique de l’Ouest au Maghreb où Ben Ali et Mohamed VI prospèrent sur le dos de leurs peuples, l’héritage du colonialisme est toujours présent Aujourd’hui encore, la plupart des élections dans ces pays sont truquées, les opposants souvent emprisonnés, parfois torturés ou assassinés, par ceux là même qui défileront le 14 juillet , avec la complicité des autorités françaises ,

A cette politique françafricaine s’ajoute une agriculture exportatrice européenne et la recolonisation des terres qui détruisent les productions locales, accélère le réchauffement climatique et contraint les paysans africains à fuir les campagnes ou à migrer vers l’Europe. Cette « Europe Forteresse » qui fabrique des sans papiers, les exploite, et les expulse sous couvert d'accords de réadmission codifiés dans la Directive Européenne de la Honte, au mépris de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

CONTRE : · Le soutien de la France aux dictateurs qui vivent impunément des rapports néocoloniaux au détriment du développement de leurs pays et du bien-être des populations ; · La torture, les massacres, les assassinats politiques, les trafics d'armes, et l'impunité de leurs auteurs et de leurs complices ; · la vie chère et la hausse des produits de première nécessité · Le pillage du continent par les pays riches par le biais de leurs multinationales, de la Banque Mondiale et du FMI ; · L'impunité, la criminalité financière et les paradis fiscaux et judiciaires · La politique africaine de la France menée par Nicolas Sarkozy et ses prédécesseurs.

POUR : · La démocratie et des élections libres et transparentes ; · Le respect des droits humains ; · L'annulation de la dette illégitime payée par les peuples africains ; · L'accès de tous à l'alimentation, à l’eau, à la santé, à l'éducation, à l'emploi, à l'habitat, et à la justice ; · Une vraie mobilisation contre le Sida et le paludisme ; · La régularisation de tous les Sans Papiers : Grévistes en lutte depuis 8 mois et Marcheurs partis de Paris le 1er Mai pour aller interpeller les dictateurs africains réunis à Nice le 31 mai, tous ensemble unis et déterminés dans un combat commun · La fermeture des bases militaires françaises en Afrique et l’arrêt de l’aide militaire et policière française aux dictateurs sous couvert d’Aide Publique au développement.

Nous, organisations françaises et africaines, exigeons un partenariat entre l’Europe et l’Afrique pour le développement et l'émancipation de l'Afrique hors de la tutelle du gouvernement français.

Manifestons contre la Françafrique !

Place de la République, Paris, le 13 juillet , à 18 h. Bal anticolonial, 20 H 30 H , au Ministère de la régularisation de Tous les Sans papiers, rue Baudelique , Métro Simplon, (ligne 4)

Premiers signataires

Burkina-Faso : Union pour la Renaissance/Parti Sankariste (UNIR/P- S ; Cameroun : Union des Populations du Cameroun, CODE (Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques de la Diaspora Camerounaise), CNR-MUN (Conseil National pour la Résistance - Mouvement Umnyobiste Cameroun/Allemagne) , ; Comores : Coordination des Associations comoriennes : CAAC Comores Congo Brazzaville : Fédération des Congolais de la Diaspora, Djibouti : ARD (Alliance Républicaine pour le Développement ), Uguta-Toosa , Comité des Femmes Djiboutiennes contre les Viols et l'Impunité , Gabon : Plate – Forme de Veille et d’Actions pour le Gabon, les Anges Gardiens du Gabon, Attac Gabon, Madagascar : Collectif Gazy Tia Tanindrazana (GTT) Maroc : La Voie Démocratique Mauritanie : Assez de Coups d’Etats ( ACE) Niger : collectif Areva ne fera pas la loi République Sahraouie: CORELSO, Tchad : Action Tchadienne pour l’Unité et le Socialisme/ Parti Révolutionnaire Populaire et Ecologique/ (ACTUS/PRPE) Togo : MoLiTo (Mouvement du 4 mars pour la Libération du Togo), Tunisie : PCOT, FTCR Amicale Panafricaine, Mouvement panafricaniste de Munich (AK Panafrikanismus München) Sortir du Colonialisme, Survie, AFASPA, MRAP, FASTI, Droits Devant, CEDETIM, IPAM, ACCA - Agir aujourd'hui contre le Colonialisme, Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique, Afriques en lutte, Respaix Conscience Musulmane (RCM), Réveil des Consciences, « 93 au cœur de la République » (Aubervilliers), Collectif Toussaint Louverture (Creil), Collectif Faty KOUMBA, ZEP, Association Culturelle des Travailleurs Immigrés de Turquie (ACTIT), Ministère de la Régularisation de Tous les Sans papiers, CNT, Union Syndicale Solidaires Alternative libertaire, les Alternatifs, NPA, P.I. R , FASE, Parti de Gauche, PCF, Les Verts

Personnalités : Olivier Besancenot, Catherine Grèze, euro député Europe Ecologie, Alain Krivine, Noël Mamère, député Vert, maire de Bègles

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CUBA

Cuba et la rhétorique des droits de l’homme (1/2)

Salim Lamrani    

En Occident, le nom de Cuba est inévitablement associé à la problématique des droits de l’homme. Les médias européens et étasuniens stigmatisent la plus grande île des Caraïbes de manière réitérée sur cette question. Aucun pays du continent américain n’est autant pointé du doigt que la patrie de José Martí, qui dispose d’une couverture médiatique disproportionnée par rapport à sa taille. En effet, des événements qui passeraient inaperçus dans n’importe quel autre pays d’Amérique latine ou du monde sont relayés par la presse internationale quand il s’agit de Cuba.


Ainsi, le suicide en février 2010 d’Orlando Zapata Tamayo, un prisonnier condamné pour des délits de droit commun, à Cuba a été bien plus médiatisé que la découverte en janvier 2010 d’un charnier de 2000 corps de syndicalistes et de militants de droits de l’homme assassinés par l’armée en Colombie. De la même manière, les manifestations d’opposants cubains apparaissent régulièrement dans la presse occidentale qui, en même temps, censure les exactions commises – plus de 500 cas d’assassinats et de disparitions ! – par la junte militaire, de Roberto Micheletti d’abord, et de Porfirio Lobo qui gouverne actuellement le Honduras après le coup d’Etat de juin 2009 contre le président démocratiquement élu José Manuel Zelaya.


Les Etats-Unis justifient officiellement l’imposition des sanctions économiques, en vigueur depuis juillet 1960 et qui affectent toutes les catégories de la société cubaine, en particulier les plus vulnérables, en raison des violations des droits de l’homme. De 1960 à 1991, Washington a expliqué que l’alliance avec l’Union soviétique était la raison de son hostilité à l’égard de Cuba. Depuis l’effondrement du bloc de l’Est, les différentes administrations, de Georges H. W. Bush à Barack Obama, ont utilisé la rhétorique des droits de l’homme pour expliquer l’état de siège anachronique, qui loin d’affecter les dirigeants du pays, fait payer le prix des divergences politiques entre les deux nations aux personnes âgées, aux femmes et aux enfants.


De son côté, l’Union européenne impose une Position commune – la seule au monde ! – depuis 1996 au gouvernement cubain, qui limite les échanges bilatéraux, pour les mêmes raisons. Cette stigmatisation constitue le pilier de la politique étrangère de Bruxelles à l’égard de La Havane et représente le principal obstacle à la normalisation des relations bilatérales. Entre 2003 et 2008, l’Union européenne a également imposé des sanctions politiques, diplomatiques et culturelles à Cuba en raison des « violations des droits de l’homme ».


Une stigmatisation légitime ?


Il ne s’agit pas d’affirmer que Cuba est irréprochable sur la question des droits de l’homme et qu’aucune violation n’y est commise. En effet, Cuba est loin d’être une société parfaite et il y existe des atteintes à certains droits fondamentaux.


Néanmoins, Il convient de se questionner sur les raisons d’une telle stigmatisation de la part des médias occidentaux, des Etats-Unis et de l’Union européenne. Cuba présente-t-elle une situation des droits de l’homme particulière ? Est-elle pire que celle du reste du continent ? Washington, Bruxelles et la presse occidentale sont-ils réellement préoccupés par cela ? Disposent-ils d’une autorité morale suffisante pour s’ériger en donneurs de leçons ?


Pour répondre à ces questions, le rapport d’Amnistie Internationale (AI) de 2010 apporte un éclairage intéressant. Dix pays – cinq du continent américain : le Canada, les Etats-Unis, le Mexique, le Brésil et la Colombie, et cinq de l’Union européenne : la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Espagne et la République tchèque (leader du front des nations opposées à la normalisation des relations avec Cuba) seront soumis à une analyse comparative.


Les droits de l’homme à Cuba


Selon AI, il existe de « sévères restrictions sur les droits civils et politiques » à Cuba. AI recense « 55 prisonniers d’opinion […] incarcérés pour le seul fait d’avoir exercé de manière pacifique leur droit à la liberté d’expression ». Dans une déclaration du 18 mars 2008, AI reconnaît néanmoins que ces personnes ont été condamnées « pour avoir reçu des fonds ou du matériel du gouvernement américain pour des activités perçues par les autorités comme subversives ou faisant du tort à Cuba », ce qui constitue un délit d’ordre pénal à Cuba mais également dans n’importe quel autre pays du monde.


L’organisation souligne également que « nombre [d’opposants] ont déclaré avoir été battus lors de leur arrestation ». De graves restrictions pèsent encore sur la liberté d’expression, d’après AI, car « tous les grands médias et Internet demeur[ent] sous le contrôle de l’État ». Par ailleurs, les sites des opposants sont bloqués à Cuba et ne sont accessibles que depuis l’étranger. Plusieurs dissidents ont été arrêtés puis relâchés. AI dénonce également les manœuvres d’intimidation à leur encontre. En outre, « les restrictions au droit de circuler librement ont empêché des journalistes, des défenseurs des droits humains et des militants politiques de mener à bien des activités légitimes et pacifiques ». Ainsi, l’opposante Yoani Sánchez n’a pas été autorisée à quitter le pays pour recevoir un prix aux Etats-Unis.


AI rappelle néanmoins qu’en mai 2009, Cuba « a été réélu au Conseil des droits de l’homme [ONU] pour un nouveau mandat de trois années », illustrant ainsi que la majorité de la communauté internationale ne partage pas l’avis de Bruxelles et de Washington au sujet de la situation des droits de l’homme à Cuba.

Enfin, AI reconnaît que les sanctions économiques imposées par les Etats-Unis ont « toujours des effets négatifs sur les droits économiques et sociaux des Cubains. La législation américaine restreignant les exportations vers l’île de produits et de matériel fabriqués ou brevetés par les États-Unis continu[e] d’entraver l’accès aux médicaments et aux équipements médicaux ». AI ajoute que les agences des Nations unies présentes à Cuba sont « également pénalisées par l’embargo ».

Ainsi, comme l’illustre le rapport d’AI, Cuba n’est pas irréprochable en matière de respect des droits de l’homme.


Les droits de l’homme sur le continent américain

Il convient désormais de mettre en perspective la réalité cubaine avec la problématique du continent à ce sujet.


Les Etats-Unis


D’après AI, 198 personnes sont toujours détenues illégalement sur la base navale de Guantanamo, sans inculpation, et ce depuis sept ans. Au moins cinq détenus se sont suicidés dans la prison de Guantanamo. Par ailleurs, plusieurs prisonniers ont été jugés par des tribunaux militaires qui n’offraient pas toutes les garanties d’un procès équitable.


De plus, « plusieurs centaines de personnes, dont des enfants, étaient toujours détenues par les forces américaines sur la base aérienne de Bagram, en Afghanistan, sans avoir la possibilité de consulter un avocat ou d’être présenté devant un juge ».


AI a également dénoncé le « programme de détentions secrètes de la CIA » et a révélé les « actes de torture et autres formes de mauvais traitements infligés aux personnes détenues ». Elle cite deux exemples : «  Parmi les techniques autorisées figuraient la nudité forcée, la privation prolongée de sommeil et le waterboarding (simulacre de noyade). […]Abu Zubaydah […] avait été soumis à cette dernière technique plus de 80 fois en août 2002 et Khaled Sheikh Mohammed 183 fois en mars 2003 ». Les auteurs de ces actes ne seront pas poursuivis par la justice comme l’ont déclaré Barack Obama et le ministre de la Justice Eric Holder.


AI remarque que « l’impunité et l’absence de voies de recours persistaient pour les violations des droits humains perpétrées dans le cadre de ce que le gouvernement du président Bush appelait la « guerre contre la terreur ». L’organisation ajoute que « le nouveau gouvernement a bloqué la publication d’un certain nombre de photos montrant les sévices infligés à des personnes détenues par les États-Unis en Afghanistan et en Irak ».


AI dénonce également les actes de « torture et autres mauvais traitements », commis sur le territoire des Etats-Unis par les forces de l’ordre à l’encontre de citoyens américains. « Au moins 47 personnes sont mortes après avoir été neutralisées au moyen de pistolets Taser, ce qui portait à plus de 390 le nombre total de personnes décédées dans des circonstances analogues depuis 2001 ». AI ajoute que « parmi les victimes figuraient trois adolescents non armés qui avaient commis des délits mineurs ainsi qu’un homme apparemment en bonne santé auquel des policiers de Fort Worth, au Texas, ont administré des décharges électriques pendant 49 secondes sans interruption, en mai14 » 2009.


L’organisation internationale pointe du doigt les conditions de détention aux Etats-Unis. Selon elle, « ses milliers de prisonniers étaient maintenus à l’isolement prolongé dans des prisons de très haute sécurité où, dans bien des cas, les conditions de vie bafouaient les normes internationales selon lesquelles les détenus doivent être traités avec humanité ». Ainsi « de très nombreux détenus […] dont beaucoup souffraient de troubles mentaux, étaient maintenus à l’isolement depuis 10 ans ou plus, 23 heures sur 24, sans soins adéquats et sans que leur situation ait été réexaminée en bonne et due forme ». Ces derniers « n’avaient la possibilité ni de travailler, ni de se former, ni de se distraire et n’avaient que très peu de contacts avec le monde extérieur ».


Selon AI, « des dizaines de milliers de migrants, dont des demandeurs d’asile, étaient régulièrement incarcérés, en violation des normes internationales. Beaucoup étaient détenus dans des conditions extrêmement dures, pratiquement privés d’exercice, d’accès aux soins et de la possibilité d’obtenir une assistance juridique ».


Par ailleurs, le rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires a dénoncé plusieurs cas d’exécutions extrajudiciaires commises par les forces de l’ordre à l’encontre de migrants. « Le nombre de morts en détention était supérieur aux 74 cas recensés par les autorités depuis 2003 », note AI.


AI évoque les discriminations faites aux femmes issues des minorités en termes de droit à la santé. Ainsi, « le nombre de décès évitables dus à des complications liées à la grossesse restait élevé ; plusieurs centaines de femmes sont mortes au cours de l’année. Des disparités liées aux revenus, à la race, à l’origine ethnique ou nationale existaient dans l’accès aux soins médicaux pour les femmes enceintes ; le taux de mortalité maternelle était près de quatre fois plus élevé chez les Afro-Américaines que chez les femmes blanches ». AI ajoute également que 52 millions de personnes de moins de 65 ans n’avaient pas d’assurance maladie, « un chiffre en augmentation par rapport à l’année précédente ».


Selon AI, un objecteur de conscience a été condamné à un an de prison pour avoir refusé de servir en Afghanistan. L’organisation dénonce également les procès inéquitables à l’encontre de Leonard Peltier, détenu depuis 32 ans, « malgré les doutes quant à l’équité de sa condamnation en 1977 ». AI note également que la Cour suprême fédérale a refusé d’examiner l’appel interjeté par cinq prisonniers politiques cubains, Gerardo Hernández, Ramón Labañino, Antonio Guerrero, René González et Fernando González, condamnés à de longues peines de prison alors que « le Groupe de travail sur la détention arbitraire [ONU] avait conclu, en mai 2005, que la détention de ces cinq hommes était arbitraire car ils n’avaient pas bénéficié d’un procès équitable ».

Par ailleurs, la peine de mort continue à être appliquée aux Etats-Unis. Ainsi, 52 personnes ont été exécutées en 2009.


Le Brésil


La situation au Brésil fait également l’objet d’un rapport. AI fait état « d’un usage excessif de la force, d’exécutions extrajudiciaires et d’actes de torture de la part de la police ». Les forces de l’ordre « ont continué à se livrer à des violations massives », et des « centaines d’homicides n’ont pas fait l’objet d’enquêtes sérieuses et les suites judiciaires ont été inexistantes ou presque ». Ainsi, « à Rio de Janeiro, en 2009, la police a ainsi tué 1 048 personnes ». A Sao Paolo, « ce chiffre s’élevait à 543, soit une augmentation de 36 % par rapport à 2008 ». Par ailleurs, « les homicides imputables à la police militaire auraient quant à eux augmenté de 41 % ».


L’organisation dénonce également « l’augmentation du nombre de milices – groupes paramilitaires armés composés en grande partie d’agents de la force publique agissant hors service » qui « usant de leur pouvoir sur la population pour en retirer des avantages économiques et politiques illicites, […] ont mis en danger la vie de milliers d’habitants et les institutions mêmes de l’État ».


Au Brésil, « les conditions de détention restaient cruelles, inhumaines ou dégradantes. La torture était régulièrement employée lors des interrogatoires ou à des fins d’extorsion, ou pour punir, contrôler ou humilier », selon AI, en plus du problème de surpopulation.

Par ailleurs, « des litiges fonciers ont cette année encore été à l’origine d’atteintes aux droits fondamentaux commises tant par des tueurs professionnels à la solde de propriétaires terriens que par des policiers ». Pas moins de 20 personnes ont été assassinées en 2009.

Selon AI, les droits des travailleurs ont été bafoués et des « milliers de travailleurs étaient maintenus dans des conditions s’apparentant à de l’esclavage ». Le droit à un logement convenable n’est pas non plus respecté. Par ailleurs, « de graves atteintes aux droits des populations indigènes étaient toujours commises dans l’État du Mato Grosso do Sul ». AI évoque plusieurs cas de disparition de militants indigènes.


Le Canada

Selon AI, les autorités canadiennes « n’ont pas veillé au respect des droits des peuples autochtones lors de la délivrance d’autorisations pour l’exploitation des mines, des forêts, du pétrole et d’autres ressources naturelles. Le gouvernement a continué d’affirmer, sans fondement, que la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones ne s’appliquait pas au Canada ».


L’organisation dénonce également les discriminations à l’égard des indigènes et notamment des enfants. Par ailleurs, l’exploitation par la force du pétrole et du gaz se trouvant sur les terres des Cris du Lubicon a contribué à « une mauvaise santé et à une pauvreté très fréquentes chez eux ».


Le droit des femmes est régulièrement violé au Canada. Ainsi, « les femmes, jeunes filles et fillettes autochtones étaient toujours nombreuses à subir des violences » et « le gouvernement canadien n’a pris aucune mesure en vue de mettre en place un plan d’action national complet pour lutter contre la violence et la discrimination ».


Le Canada s’est également rendu complice d’actes de torture en livrant des suspects aux autorités afghanes dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.


Par ailleurs, les forces de police se sont rendues responsables d’un assassinat d’un suspect en lui administrant une décharge électrique à l’aide de pistolets Taser30.


La Colombie


En Colombie, la population civile est « victime de déplacements forcés, d’attaques aveugles, de prises d’otages, de disparitions forcées, d’enrôlement forcé de mineurs, de violences sexuelles à l’égard des femmes et d’homicides », commis par les forces de sécurité, les paramilitaires et la guérilla.

AI dénombre 20 000 cas de disparitions forcées et 286 000 cas de personnes déplacées. L’organisation souligne que « le gouvernement a refusé de soutenir une proposition de loi prévoyant l’octroi de réparations aux victimes du conflit sur une base non discriminatoire, c’est-à-dire sans aucune distinction selon que les auteurs des violations sont des agents de l’État ou non. Le texte a été rejeté par le Congrès en juin ».

          
Par ailleurs, le rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme et des libertés fondamentales des populations autochtones a qualifié la situation des droits des peuples indigènes de Colombie comme étant « grave, critique et profondément préoccupante ». AI note qu’« au moins 114 hommes, femmes et enfants indigènes ont été tués en 2009, un chiffre en hausse par rapport à l’année 2008 ».


Le Département administratif de sécurité, qui opère sous l’autorité directe du chef de l’État, est impliqué dans « une vaste affaire d’espionnage illégal, mené sur une longue période. Au nombre des victimes figuraient des défenseurs des droits humains, des membres de l’opposition politique, des juges et des journalistes, dont on cherchait ainsi à restreindre, voire à neutraliser, l’action. Ces manœuvres auraient été effectuées avec l’étroite collaboration de groupes paramilitaires. Des membres des milieux diplomatiques et des défenseurs étrangers des droits humains ont également été pris pour cibles ». AI ajoute que « Certains militants espionnés par le Département administratif de sécurité avaient reçu des menaces de mort et fait l’objet de poursuites pénales pour des motifs fallacieux ».


En 2009, 80 membres du Congrès ont fait l’objet d’une « information judiciaire en raison de leurs liens présumés avec des groupes paramilitaires ». Plusieurs magistrats participant à l’enquête ont reçu des menaces de mort, selon AI.


Plus de 2 000 exécutions extrajudiciaires ont été commises par les forces de sécurité. « Le rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires a déclaré que ces homicides étaient commis par un nombre important d’éléments de l’armée ».            L’armée a continué de collaborer avec les groupes paramilitaires, lesquels se sont rendus coupables de « massacres ». Au moins 8 militants des droits de l’homme et 39 syndicalistes ont été assassinés en 2009. AI note que « l’impunité dont jouissaient les auteurs de violations restait source de profonde préoccupation ».

Le Mexique


Au Mexique, plus de 6 500 personnes ont été tuées dans des violences liées au narcotrafic. AI évoque des « violations des droits humains commises par des militaires, notamment des exécutions extrajudiciaires et d’autres homicides illégaux, des disparitions forcées, des actes de torture et d’autres mauvais traitements, ainsi que des détentions arbitraires ». L’organisation ajoute que « des victimes et des proches de victimes ont reçu des menaces après avoir tenté de déposer plainte » et déplore « l’impunité dont jouissent les coupables37 ».

AI affirme que « plusieurs cas de violations des droits humains – disparition forcée, recours excessif à la force, torture et autres mauvais traitements et détention arbitraire, notamment – imputables à des agents de la police municipale, fédérale ou des États ont été signalés ». De plus, « les promesses des autorités, qui s’étaient engagées à mener une enquête sur toutes les allégations de torture, sont restées lettre morte ».


Les migrants ont également été victimes des autorités mexicaines. Ils ont subi des « brutalités, menaces, enlèvement, viol et assassinat, entre autres – perpétrés essentiellement par des groupes de criminels mais aussi par certains fonctionnaires ». AI souligne par ailleurs que « deux défenseurs des droits fondamentaux des indigènes ont été enlevés, torturés et assassinés à Ayutla ». AI note également qu’« à la fin de l’année, Raúl Hernández, prisonnier d’opinion et militant d’une autre organisation locale de défense des droits des populations indigènes, se trouvait toujours en prison sur la base d’une accusation de meurtre forgée de toutes pièces ».


Au Mexique, plusieurs journalistes ont été menacés, agressés et enlevés, selon AI, tout particulièrement ceux qui « s’intéressaient aux questions de sécurité publique et de corruption ». Au moins 12 journalistes ont été assassinés en 2009. De plus, « les enquêtes ouvertes sur les meurtres, les enlèvements et les menaces dont les professionnels des médias faisaient l’objet donnaient rarement lieu à des poursuites, ce qui contribuait à entretenir un climat d’impunité ».


AI dénonce les discriminations et violences commises à l’égard des peuples indigènes, spoliés de leurs terres et de leurs habitations par les autorités, « le but étant d’exploiter les ressources locales ».

Les femmes et les filles sont constamment victimes de violences. « De très nombreux cas d’assassinat de femmes après enlèvement et viol ont été signalés dans les États de Chihuahua et de Mexico », remarque AI. Mais, « l’impunité demeurait la norme pour les meurtres de femmes et les autres crimes violents dont elles étaient victimes ». Par ailleurs, 14 des 31 Etats du Mexique refusent d’appliquer la loi de dépénalisation de l’avortement.


Conclusion


Le rapport d’Amnistie Internationale est édifiant à plusieurs égards. Tout d’abord, on découvre que si l’organisation recense certaines violations des droits humains à Cuba, l’île des Caraïbes est loin d’être le mauvais élève du continent. Ce constat remet donc en cause la stigmatisation des médias occidentaux, de Washington et de Bruxelles à l’égard de La Havane.


Ainsi, la presse occidentale trompe l’opinion publique en présentant Cuba comme étant le principal violateur des droits humains sur le continent américain. Les Etats-Unis, de leur côté, ne peuvent en aucun cas justifier l’imposition des sanctions économiques en raison de la situation des droits de l’homme dans l’île et doivent y mettre un terme. En effet, non seulement ils ne disposent d’aucune autorité morale pour disserter sur cette question au regard de leur propre situation, mais en plus la plupart des pays du continent présentent une situation pire que celle de Cuba.


Quant à l’Union européenne, elle doit éliminer la Position commune qui est discriminatoire et peu crédible et normaliser les relations avec La Havane. Il convient désormais d’évaluer l’autorité de Bruxelles sur cette question.


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24 juin 2010

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Coupe du monde de football : passion, diversion, répression
Olivier Pironet    

Le 11 juin s’ouvre en Afrique du Sud la dix-neuvième édition de la Coupe du monde de football, organisée sous l’égide de la FIFA (Fédération internationale de football association). Avec près de trente milliards de téléspectateurs prévus en audience cumulée (1) et environ 73 000 heures de retransmission dans 214 pays, à raison de soixante-quatre matchs, le Mondial est l’événement le plus médiatisé de la planète.

C’est aussi une véritable manne financière pour la FIFA. Entre les droits de retransmission, les contrats publicitaires, la billetterie et les partenariats avec des entreprises comme Coca-Cola ou McDonald’s, celle-ci espère engranger près de trois milliards d’euros de recette globale, dont une partie est destinée aux joueurs, sous forme de primes à multiples zéros, et aux clubs, dont les plus importants, comme le Real Madrid, Barcelone ou Chelsea, seront grassement « indemnisés ». L’organisation dirigée par le Suisse Joseph Blatter – dont le salaire annuel, tenu secret, est estimé à près de 4 millions de dollars – affiche par ailleurs une santé comptable des plus radieuses : son bénéfice se montait en 2009 à 147 millions d’euros, ses fonds propres atteignant 795 millions d’euros (2).

Les chaînes de télévision profiteront également de ce marché juteux. TF1, qui a payé 120 millions d’euros pour retransmettre les différentes rencontres (3), diffusera ainsi pour la finale un spot publicitaire de trente secondes dont le prix se monte à 300 000 euros bruts, lequel sera néanmoins divisé de moitié si l’équipe de France n’atteint pas le stade ultime de la compétition. Avec la libéralisation récente des paris sportifs en ligne, les annonceurs et les sponsors seront bien plus nombreux qu’en 2006, ce qui devrait permettre aux chaînes françaises de largement rentabiliser leurs investissements.
Pour la première fois de son histoire, la compétition se situe sur le continent africain, conformément au vœu du prédécesseur de M. Blatter, Joao Havelange. Dans son testament, rendu public en 1998, celui-ci portait son choix sur l’Afrique du Sud, dont il louait les « atouts » : « L’Apartheid ayant disparu, l’Afrique du Sud peut organiser une Coupe du monde. Grâce à l’or et au diamant, ce pays possède l’une des places boursières les plus importantes au monde, un système de communications parfait, de belles et grandes villes, des aéroports, des routes et des stades. (4)  ».


M. Blatter, qui aime à rappeler ses liens privilégiés avec l’Afrique, «  [s]on continent », avait milité pour que Pretoria accueille l’édition 2006, mais l’Allemagne avait été désignée en juillet 2000 à l’issue de sombres arrangements dénoncés à l’époque par les Sud-Africains. Cette fois-ci c’est chose faite, à la grande satisfaction du président sud-africain Jacob Zuma, lequel voit là le plus grand événement pour le pays depuis la fin de l’apartheid et entend l’utiliser comme un vecteur de cohésion nationale, comme l’avait fait Nelson Mandela pour la Coupe du monde de Rugby, organisée par l’Afrique du Sud en 1995 (5).
Pretoria avait misé sur le Mondial pour relancer l’économie du pays, durement touchée par la crise financière. Mais la facture risque d’être lourde et le réveil difficile pour le contribuable sud-africain. Le gouvernement a entrepris de vastes efforts pour l’occasion. Des stades surdimensionnés ont été construits ou réhabilités, des autoroutes ont été élargies ou prolongées, le pays s’est doté d’un nouvel aéroport à Durban, un train luxueux et rapide desservant les quartiers chics de Johannesbourg, le Gautrain, a vu le jour, les télécommunications ont été améliorées… Au total, les pouvoirs publics ont déboursé 3,5 milliards d’euros, bien plus que les 230 millions d’euros sur lesquels le gouvernement tablait au départ. Le ministère des finances a révisé à la baisse les retombées de la compétition sur la croissance. Ces dernières étaient évaluées à 1 % ; le chiffre a été divisé par deux et pourrait bien être encore plus bas.


Le coût total des neuf stades, par exemple, était estimé à 120 millions d’euros ; la facture définitive se monte à un milliard d’euros, soit dix fois plus que celle envisagée initialement (6). Certes, le pays devrait empocher une fraction des recettes générées par le Mondial, mais certains experts prévoient que le gouvernement fera des coupes drastiques dans les comptes publics pour amortir les dépenses, dont la rentabilité à court terme sera dérisoire. L’argent économisé, qui correspond au budget affecté à la construction de logements pendant dix ans, aurait notamment permis de loger 250 000 personnes à Johannesbourg, une ville frappée par la pauvreté et où les bidonvilles et les sans-abris sont légion. Pretoria a préféré procéder à des expulsions massives à travers le pays, comme au Cap, où vingt mille personnes ont été déplacées de force pour « embellir » la ville, ainsi que le souligne un rapport de l’ONU présenté en mars dernier à l’Assemblée générale des Nations unies (7).


Pour répondre aux conditions draconiennes imposées par la FIFA en matière de sécurité, dans un pays qui compte une moyenne de 20 000 meurtres par an, le gouvernement sud-africain n’a pas lésiné non plus sur les moyens. Près de 150 millions d’euros ont été investis pour garantir l’ordre public pendant la manifestation sportive. Plus de 40 000 policiers ont été spécialement recrutés et formés – notamment par la gendarmerie française. En tout, environ 200 000 gardiens de la paix sont mobilisés pour faire face à la criminalité ainsi qu’au hooliganisme. Ils auront à leur disposition des équipements antiémeutes, des fusils d’assaut dernier cri, des hélicoptères, des véhicules blindés, des caméras de surveillance disséminées dans tout le pays, un système de protection aux frontières, et même des sous-marins et des avions de chasse (8). Sans oublier les 420 000 agents de sécurité privés présents sur tout le territoire. Une cinquantaine de tribunaux spéciaux, sous la houlette de plus de mille juges, avocats et clercs, ont en outre été installés pour traiter les affaires le plus rapidement possible. Ils fonctionneront sept jours sur sept, de 8h30 à 23 heures.


La Coupe du monde, « Une chance pour notre pays », répète à l’envi le gouvernement sud-africain. Mais il est permis d’en douter. Sur les 100 000 emplois créés sur cinq ans, par exemple, la plupart disparaîtront (9). La nation « arc-en-ciel » demeure l’une des plus inégalitaires au monde, avec vingt millions de pauvres, sur une population de 47 millions d’habitants (dont 79 % de Noirs, 9 % de métis, 2,5 % d’Indiens et 9,5 % de Blancs, ces derniers se répartissant l’essentiel des richesses avec une nouvelle classe de Noirs apparue après l’apartheid), où près de la moitié vit avec moins de 1,50 euros par jour. Les Sud-Africains ont placé de grands espoirs dans les effets positifs du Mondial, mais « ces espoirs sont restés sans suite », comme l’explique la Campagne de l’Œuvre suisse d’entraide ouvrière (OSEO) :« des quartiers pauvres ont été rasés ; les ouvriers ont construit les stades pour des salaires de misère ; des vendeurs de rue ont été chassés des rues et privés de leur source de revenu. Bref, la majorité de la population sud-africaine est restée hors jeu. » (10).


Loin de favoriser l’union du pays, comme le voudraient les dignitaires de l’ANC (Congrès national africain), le parti au pouvoir, la Coupe du monde sert plutôt de vitrine au capitalisme mondialisé, dont le sport en général et le football en particulier constituent un élément emblématique. L’univers du ballon rond n’a plus grand-chose à voir avec le sport inventé à la fin du dix-neuvième siècle en Angleterre. Depuis le début des années 1990, en particulier, à la faveur de l’explosion des droits de retransmission et de la déréglementation du marché des transferts, il est entré dans l’ère du « foot business », avec des clubs européens richissimes et des joueurs professionnels « starisés », aux revenus mirobolants, frisant l’« indécence » (11). Au point que de nombreux amateurs et passionnés ne s’y reconnaissent plus, comme le philosophe Jean-Claude Michéa. Selon lui, « l’Economie – qui contrôle désormais ce sport – n’a fait qu’accomplir dans le domaine du football ce qui est sa vocation universelle : noyer “dans les eaux glacées du calcul égoïste” la totalité des actions et des relations humaines, et, ce faisant, les mutiler irrémédiablement dans ce qui en faisait l’essence » (12). L’idéal de fraternité, d’égalité, de solidarité et d’honneur, auxquels étaient attachés les fondateurs de ce sport collectif, aurait-il vécu ?

Source: Le Monde Diplo

(1) L’édition précédente, en 2006, avait rassemblé vingt-six milliards de téléspectateurs. Un milliard d’individus, soit un habitant de la planète sur six, avaient suivi la finale. Le record d’audience sera très probablement battu.
(2) Lire « Intouchables parrains du football mondial » (aperçu), par David Garcia, juin 2010 (en kiosques).
(3) La chaîne de Martin Bouygues a partagé ses droits de diffusion avec France Télévisions et Canal +, lesquelles ont versé respectivement 25 millions et 8 millions d’euros.
(4) France Football, 1er juin 2010.
(5) Lire « Les dérobades d’“Invictus” », par Mona Chollet, Le lac des cygnes, 12 janvier 2010.
(6) A titre de comparaison, la Coupe du monde accueillie par la France en 1998 avait coûté environ 1,6 milliards d’euros.
(7) Report of the Special Rapporteur on adequate housing as a component of the right to an adequate standard of living, and on the right to non-discrimination in this context, Raquel Rolnik (document PDF), Assemblée générale des Nations unies, New York, 18 décembre 2009.
(8) Lire Footafric. Coupe du monde, capitalisme et néocolonialisme, de Ronan David, Fabien Lebrun et Patrick Vassort, L’Echappée, Montreuil, 2010.
(9) L’Afrique du Sud a perdu près de 900 000 emplois en 2009, première année de récession depuis quinze ans, et la courbe continue inéxorablement de descendre. Elle compte officiellement 25 % de chômeurs, mais les syndicats avancent le chiffre de 40 %.
(10) OSEO, « Hor$jeu – Un carton jaune pour Sepp Blatter ! » (PDF), Lausanne, avril 2010.
(11) En 1971, l’ancien défenseur français Marius Trésor gagnait, en euros constants 2009, 2 500 euros par mois ; l’attaquant Thierry Henry perçoit aujourd’hui près de 1,5 millions d’euros mensuels. Lire « Pourquoi le foot business va dans le mur », Alternatives économiques, juin 2010.
(12) Jean-Claude Michéa, Les Intellectuels, le peuple et le ballon rond, Flammarion, Paris, 2010 (nouvelle édition). Paru pour la première fois en 1998, ce texte rend hommage à l’ouvrage d’Eduardo Galeano, Football, ombre et lumière (Climats, Montpellier, 1997), devenu une référence sur le sujet.

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28 mai 2010

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DONICEN DONALD - 27/05/2010

Togo: Gilchrist Olympio pactise avec Faure Gnassingbé et le RPT

Gilchrist Olympio, dit avoir signé un véritable deal avec Faure Gnassingbé et le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT). Il a fait l’annonce jeudi 27 mai 2010 à la résidence de son père, Sylvanus Kwami Olympio, 1er Président du Togo , assassiné le 13 janvier 1963 par le diactateur Gnassingbé Eyadéma.

« Je prends cet engagement historique devant le peuple togolais après avoir longuement réfléchi sur les causes réelles de la crise profonde qui mine notre pays depuis des décennies, et apprécié à leur juste valeur les résultats obtenus après un si long combat mené ensemble au prix de tant de sacrifices… »

« Ansi donc, aux termes de l’accord que nous avons signé , l’UFC entrera au gouvernement, participera à la formation des cabinets ministériels, désignera des responsables pour les administrations centrales, les sociétés d’Etat, les préfectures, les mairies, les ambassades… », a précisé Gilchrist Olympio dans sa déclaration.

source le togolais.com

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