TogoLa mobilisation de la rue reprend:

Les contestations au Maghreb peuvent-elles servir d’exemple à l’Afrique subsaharienne?

09 février 2011

Les mobilisations de rue au Togo vont-ils prendre de l'ampleur à l'instar de ce qui se passe au Maghreb?Comment tirer exemple des mouvements populaires de libération qui secouent les pays d’Afrique du nord? Que faire d’un dialogue inclusif? Le rapport de la tournée de Jean-Pierre Fabre en Europe. Ce sont là des questions autour desquelles les responsables du FRAC ont entretenu leurs militants et sympathisants, sortis encore très nombreux ce samedi 5 février 2011 pour leur marche de protestation hebdomadaire.

«Nous sommes tous Egyptiens, nous sommes tous Tunisiens et le vent qui souffle sur ces pays soufflera sur le Togo», a lancé Sanvee Clifford, représentant du leader de Sursaut-Togo. L’émissaire de Kofi Yamgnane a poursuivi en dénonçant le pillage systématique auquel se livrent ceux qui dirigent ce pays. «Ce pays est caractérisé par la mal gouvernance, ils confondent les caisses de l’Etat avec leurs propres caisses». De son côté, le leader du PSR, Me Abi-Tchessa a appelé les Togolais à se mobiliser contre la dictature, l’arbitraire et l’injustice qu’on leur fait subir.

Le moment tant attendu était l’intervention de celui-là même qui revient fraîchement d’une tournée européenne. Ainsi, Jean-Pierre Fabre n’a pas laissé longtemps ses militants sur leur soif. «Le dialogue inclusif annoncé n’est qu’un leurre, ce dont nous avons besoin au Togo est plus important que cet hypothétique dialogue», a-t-il martelé dès qu’il a pris la parole. Comme il ne cesse de le répéter, le mouvement populaire est invincible et il en est convaincu. C’est pourquoi il a encore appelé les populations à la poursuite de la contestation pour venir à bout du régime. Car, seule la pression populaire peut libérer le peuple togolais.

Le président de l’ANC se dit conscient du fait qu’aucun dialogue ne peut plus sauver le Togo, parce que les nombreuses recommandations des précédents dialogues dorment toujours dans les tiroirs du RPT. Les dernières étant celles formulées par la Mission d’observation électorale de l’Union Européenne. A côté, on parle d’une «mission technique d’évaluation du processus électoral». «Cette mission technique d’évaluation du processus électoral est un aveu du pouvoir qui reconnaît qu’il a toujours été mal élu, qu’il a toujours fraudé pour s’imposer. Nous ne pleurerons pas pour dialoguer avec le RPT», a signifié Fabre.

Il est revenu également sur sa tournée en Europe. «J’ai été accueilli comme un leader de l’opposition», a-t-il fait remarquer avant d’ajouter: «la communauté internationale ne viendra pas lutter pour nous, mais elle nous soutiendra quand nous allons nous lever contre la dictature».

K. I