CONGO,ETIENNE TSHISEKÉDI: LE COMBAT DE TROP

Tshisekedi:Camer.beJour faste pour Etienne Tshisekédi que le mercredi 7 décembre 2010. Après trois années d’absence pour raisons médicales, le voilà de retour au bercail. Pratiquement le Tout-Kinshasa, ou du moins ses partisans de la capitale congolaise, sont sortis pour accueillir triomphalement l’opposant de tous les régimes du pays. Il n’est pas jusqu’à certaines ouailles qui sont venues du lointain Mbuji-Mayi dans le Kasaï oriental, fief de Tshisekédi, pour acclamer le revenant. Ces militants de l’Union démocratique pour le progrès social (UDPS) sont doublement heureux, car leur champion est revenu de Bruxelles vivant alors qu’on l’avait donné pour mort, une occasion de renforcer le mythe de Sphinx de Limeté.

Ensuite, ils sont surtout gonflés à bloc parce que Tshisekédi va briguer la magistrature suprême en novembre 2011, après plusieurs boycotts de précédents scrutins similaires. D’ailleurs, de nombreux militants et certains de son proche entourage gardent un goût amer de la volte-face du vieux lion qui, à la veille de la présidentielle du 30 juillet 2006, refusa d’y participer.

Comment, en effet, comprendre que celui qui pouvait à l’époque balotter Kabila fils ait choisi à la dernière minute de se rétracter ? Comment a-t-il opté de vendanger ainsi vingt-cinq ans de lutte et de sacrifices ?

5 ans après donc cette décision qui désempara plus d’un militant, voilà un Tshisekédi qui décide d’y aller ce coup-ci. Dans la foulée, un congrès d’adoubement les 11 et 12 décembre 2010 et un plan de campagne jusqu’à novembre prochain.

Baroud d’honneur d’une espèce politique en voie de disparition ? Volonté réelle d’en découdre réellement avec le pouvoir en place ? Assurance d’un opposant historique qui pense que son heure est arrivée comme c’est le cas d’Alpha Condé en Guinée ?

Humblement et au regard de la situation politique en RD Congo, nous estimons que c’était il y a 10 ans que le leader de l’UDPS devait descendre dans l’arène. A présent, cette candidature s’apparente à un combat de trop ; le septuagénaire en est conscient lui aussi, mais comme en politique on n’en sait jamais...

© Source : L'Observateur