Vendredi 23 janvier 2009

DES CONGOLAIS MANIFESTENT CONTRE SARKOZY A BRUXELLES

 
 

   

    Quelle mouche a donc piqué Mr Sarkozy pour proposer comme solution de la crise à l’Est de     notre pays de « « partager l’espace et les richesses »…  avec le Rwanda !  

 

    Pour une fois, Kabilistes et opposants ont tous dénoncé ce qui ressemble à un discours     néocolonialiste, à la limite du mépris.  

 

    C’est ainsi que ce vendredi 23 janvier 2009 de 13 h à 14 h, malgré le vent très fort,     la  pluie et le froid, une vingtaine de compatriotes ont bruyamment manifesté devant l’ambassade de France à Bruxelles pour protester contre Mr. Sarkozy, Président de la France pour ses derniers propos  sur le conflit à l’Est du Congo.  

 

    C’était sur  initiative d’un collectif de     femmes congolaises dont mesdames Astrid Pesambi , Malou Atundu et Brigitte Basolo.  

 

    Prévue au 65 Rue Ducale, la manifestation a eu lieu sur le boulevard de la régence, la     rue Ducale se trouvant dans une zone interdite de manifestation.  

 

    Près de cinquante ans après l’indépendance de notre pays, il est pénible et révoltant de constater que certains dirigeants européens se croient investis d’un pouvoir divin de régenter la marche de notre pays, foulant allègrement les différents principes internationaux. Nous considèrent-ils en privé comme des sous-hommes ? Car, ce que Sarkozy a dit du Congo, curieusement, il ne peut l’appliquer pour son pays !  

 

    Des réponses et des pamphlets contre l’élu des français circulent sur     Internet.  

 

    Ainsi, les quolibets et autres noms d’oiseaux proférés contre Sarkozy sur le lieu de la     manifestation, étaient une sorte de retour de la manivelle.  

 

    A 14h00, la police rappelle gentiment aux manifestants que «  time is over ».     Par acquis de conscience,  un des policiers demandera aux manifestants la raison de cette colère. Il lui sera remis l’extrait du fameux discours     prononcé par Mr. Sarkozy  le 16 janvier dernier devant le corps diplomatique accrédité à Paris.  

 

    Le voici :      

 

       

 

    « … Quant à la région des Grands Lacs, la violence s’est une nouvelle fois déchainée. L’option militaire n’apportera aucune solution aux problèmes de fond qui se posent de façon récurrente depuis bien avantage que dix ans.  

 

    Il faut trouver une nouvelle approche pour apporter aux pays de la région l’assurance que l’ensemble de ces questions sera réglé de façon globale. Cela met en cause la place, la question de l’avenir du Rwanda avec lequel la France a repris son dialogue, pays à la démographie dynamique et à la superficie petite. Cela pose la question de la République Démocratique du Congo, pays à la superficie immense et à l’organisation étrange des richesses frontalières. Il faudra bien qu’à un moment ou à un autre, il y ait un dialogue qui ne soit pas simplement un dialogue conjoncturel mais un dialogue structurel : comment, dans cette région du monde, on partage l’espace, on partage les richesses et on accepte de comprendre que la géographie a ses lois, que les pays changent rarement d’adresse et qu’il faut apprendre à vivre les uns à côtés des autres ? »  

 

       

 

    Cheik FITA  

 

    Bruxelles, le 23 janvier 2009