DEMOCRATISATION  A  LA  TOGOLAISE 

Sarcelles, le 19 décembre 1998 TETE

Bonjour,

J’ai reçu le courrier contenant les questions en rapport avec mon livre Démocratisation à la togolaise. Je n’ai pas eu le temps de te répondre que, ce matin,  je reçois encore une enveloppe contenant quelques anciens numéros de Kalento en plus de divers documents. Merci pour tout.

Je réponds brièvement à quelques-unes de tes questions.

Q.   Nous sommes tous d’accords pour faire partir Eyadéma; mais de quelle façon?

R.   Entendons-nous bien; L’exercice, dans cet ouvrage est avant toute chose, d’ordre historique. Je me suis fixé comme programme de passer en revue les forts moments de la politique togolaise de la période 1990-1998.

       En ce qui concerne la question , comment faire partir Eyadéma, il faut dire qu’elle est plutôt d’ordre politique. D’ailleurs, je crois que tu avances une réponse : un soulèvement à l’instar du 5 octobre 1990, si j’ai bien compris.

Q.   L’alternative politique se trouve-t-elle dans Gilchrist Olympio, le fidèle serviteur du FMI, de la Banque mondiale? TETE2

R.   Fidèle serviteur du FMI, de la Banque mondiale? Là, je n’en sais rien. Mais on gagne son pain comme on peut. Ceci prouve au moins qu’il ne se met pas à moitié au service des institutions qu’il sert. Si cette fidélité peut être la même au service du Togo, alors les Togolais ne seraient pas si malheureux.

Q.   Pourquoi le plus populaire parmi les opposants?

R.   Ceci n’est qu’un constat objectif. Les sondages parmi la population attestent, car à défaut de mieux, les gens se contentent de Gilchrist Olympio. Tu ne vas quand même pas affirmer que le plus populaire des leaders politiques : c’est Agboyibo ou Kodjo? S’il existe une personne qui n’a jamais flirté avec ce régime, c’est bien Olympio. Mais rassure-toi, je ne suis pas en admiration devant Olympio. Ce terme, « le plus populaire », me vient d’un hebdo franco-africain. Prenons le problème autrement. Si l’on demandait à Eyadéma, qui est son plus grand ennemi, il répondrait que c’est G. Olympio.

Q.   La voie du 5 octobre?

R.   Voie tout à fait possible, mais à condition qu’il y ait un relais dans l’armée. N’oublions pas qu’Eyadéma peut aussi faire tirer sur la foule.

Q.   Pourquoi qualifier Eyadéma de président?

R.   Je ne le qualifie pas. Officiellement, Eyadéma est président de la République du Togo.

Q.   La démocratie au Togo se construira sur les ruines du régime Eyadéma!

R.   Tout à fait d’accord avec toi.

Nous aurons bientôt l’occasion de discuter plus longuement.

En attendant, reçois mes sincères salutations.

A bientôt!

Gaétan Tété.