Après la lecture de l’ouvrage "Musée de la honte" de Mabeko-Tali Jean-Michel, l’on est tenté de parcourir aussi les autres oeuvres de cet auteur. Car, il faut reconnaître qu’il aborde plusieurs thématiques dans ses romans, souvent liés à l’actualité politique du continent africain. Cette fois-ci le thème abordé se déroule en Afrique Centrale.

C’est l’histoire de deux cousins qui ont été éduqués ensemble. Ils ont grandi ensemble. Ils ont milité ensemble au sein d’une association estudiantine AGEC mais la politique va les séparer.
L’un deviendra ministre de l’intérieur pour service rendu lors des années estudiantines en tant qu’agent de renseignement du pouvoir en place.
Dans ces années de militantisme en France, c’est ce dernier qui prenait la parole devant des manifestations ; haranguant les foules. Il avait, pour cette période, l’air très engagé, le doute ne transparaît pas.

L’opiniâtreté de ses prises de positions a su créer parmi les siens une confiance totale. Peut-être repéré ou déjà en service commandé, pour et par le pouvoir, il sera aussitôt les études terminées, consacré dans son rôle de délateur et de persécuteur. Il est nommé à un poste clé de l’administration et la gestion du pouvoir d’Etat : le ministère de l’intérieur (patron des renseignements généraux, coordinateur des tortures, persécutions voire assassinats politiques).
Bref il a droit de vie et de mort sur ses concitoyens soupçonnés de manœuvres subversives - d’atteinte à la sûreté de l’Etat ? Mais alors qu’est ce que l’Etat ? Quels sont les fondements d’un pouvoir politique ? Une armée est-elle neutre ou est elle toujours au service du pouvoir ? Pourquoi exigeons-nous la dissolution des FAT ? Pourquoi Etienne Eyadéma a- t- il refusé la formation militaire des citoyens togolais ?
Toutes ces questions méritent d’être posées et débattues dans nos discussions.

Par ailleurs, un individu qui n’a jamais travaillé dans sa vie, de quelles expériences valables dispose -t-il avant de prétendre assumer des hautes charges de l’Etat, qui du coup est bombardé ministre ? N’est ce pas le cas d’un certain Gilbert Atsu aujourd’hui ministre dans le gouvernement de la dictature ? Fermons la parenthèse.

L’autre cousin, lui, connaîtra l’exil et quand il tentera de rentrer au pays, il sera soumis à toutes sortes de brimades et tortures.
Cela nous amène à la deuxième réflexion qui est la suivante : pourquoi un homme très déterminé au départ dans son combat change de camp et de veste à un moment donné ? Koffigoh par exemple et les transfuges de l’UFC...

Après analyses et au terme de la lecture de l’ouvrage de Mabeko-Tali, Jean-Michel, il se dégage d’autres pistes pour nourrir la réflexion : qu’est ce qui fait qu’un politique est attiré par la politique du ventre ? qu’est ce que l’opportunisme béat ? le carriérisme ?

Notre critique par rapport à l’œuvre est qu’il y a trop de noms de villes et de lignages. Ce qui rend ardu sa lecture du livre.

Note de lecture tirée du livre l’exil et l’interdit de Mabeko-Tali, Jean-Michel Editions l’Harmattan

Mouta Wakilou M. GLIGLI
Paris ce 26 janvier 2006